Résumé

Portrait de Gaston Paris Gaston Paris Revue des Deux Mondes

Or, tel n’a pas été l’objet que s’est proposé Littré : comme l’Académie, tout en élargissant beaucoup le cercle tracé par elle, il a fait un choix dans les mots, dans les sens, dans les emplois. C’est pour cela qu’il a restreint, bien plus que ne l’ont fait ses émules allemand et anglais, le nombre des auteurs auxquels il a emprunté des citations. Il a toujours eu l’idée que son livre servît de guide à l’usage correct et conforme à la meilleure tradition. C’est cette idée qui lui a inspiré d’entreprendre son œuvre et qui l’a tout le temps soutenu, intéressé et charmé dans son immense labeur.
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Le seul moyen de fixer une langue littéraire, c’est celui qu’ont employé, plus ou moins bien, les Grecs des bas siècles et les cicéroniens de la Renaissance : c’est de s’interdire tout mot, tout emploi, toute locution, toute tournure qui n’est pas dans les écrivains regardés comme classiques, : c’est, en d’autres termes, — avec des réserves, — d’écrire dans une langue morte. Du moment que l’on considère une langue comme vivante, l’usage ancien de cette langue peut servir à en expliquer l’usage moderne : il ne peut servir à le justifier ou à l’entraver.
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M. Thomas s’est astreint à ne laisser aucun mot sans remarque étymologique, ce que n’avait pas fait Littré. Il est vrai que pour bien des mots il se borne à dire : « Origine inconnue. » Cela prouve sa circonspection et inspire confiance pour le reste, en même temps que cela doit exciter les étymologistes à chercher un père à ces orphelins, encore trop nombreux dans notre langue [10] .
L’étymologie n’est, dans l’œuvre d’Hatzfeld et Darmesteter, qu’accessoire et préliminaire. L’essentiel pour eux, c’a été la définition des mots dans tous leurs sens et le classement de ces sens.
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