Résumé

René Pichon Revue des Deux Mondes

Si l’on n’est jamais aussi révolutionnaire qu’on le croit, on n’est pas non plus aussi conservateur qu’on le désire : on reste de son temps, même quand on a les yeux fixés sur le passé. Qu’il s’agisse de littérature comme de politique ou de morale, deux générations peuvent bien avoir le même idéal : la traduction approximative qu’en donnera chacune différera si les circonstances diffèrent. Or ici elles se sont profondément modifiées. Quelle distance du siècle de Constantin et de Théodose à l’époque de César, d’Auguste, ou même des Antonins !
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René Pichon Revue des Deux Mondes

Si le gouvernement impérial s’est cru le droit, et le devoir, de faire respecter par tous les moyens la religion de la cité, comment se fait-il qu’il ait laissé vivre tant de cultes étrangers, et que seul le christianisme ait subi un traitement si dur ? Ce contraste avait déjà frappé les chrétiens eux-mêmes : parmi les apologistes des premiers siècles, les uns s’en plaignent comme d’une injustice, ou s’en étonnent comme d’un illogisme ; les autres ne sont pas loin d’y voir une preuve du caractère spécial de leur religion, de sa mission providentielle, on pourrait presque dire de sa divinité.
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René Pichon Revue des Deux Mondes

Ainsi, d’un bout à l’autre de sa carrière, M. Boissier n’a jamais eu ni la poltronnerie de fuir les terrains semés de charbons ardens, ni la maladresse de s’y brûler les pieds. Il a toujours su tenir sa liberté d’esprit indemne des partis pris politiques et religieux. Sans oublier son temps, il ne lui a pas permis de le dominer tyranniquement. Sa conception purement objective de l’histoire achève de donner à sa restitution des mœurs romaines son caractère de franche et sereine solidité.
Œuvre d’érudit et de psychologue, l’ensemble de ses travaux est aussi une œuvre d’artiste.
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