Xavier de Maistre,
Voyage autour de ma chambre
(1878)
“ Après avoir salué la montagne et le temple de Supergue, je pris congé des tours, des clochers, de tous les objets connus que je n'aurais jamais cru pouvoir regretter avec tant de force, et de l'air et du ciel, et du fleuve dont le sourd murmure semblait répondre à mes adieux. Oh! si je savais peindre le sentiment tendre et cruel à la fois qui remplissait mon cœur, et tous les souvenirs de la plus belle moitié de ma vie écoulée qui se pressaient autour de moi, comme des farfadets, pour me retenir à Turin! Mais, hélas! les souvenirs du bonheur passé sont les rides de l'âme ! ”

