Julien Offray de La Mettrie,
L’Homme machine
“ L’âme & le corps s’endorment ensemble. À mesure que le mouvement du sang se calme, un doux sentiment de paix & de tranquillité se répand dans toute la machine ; l’âme se sent mollement s’appésantir avec les paupières & s’affaisser avec les fibres du cerveau : elle devient ainsi peu-à-peu comme paralytique, avec tous les muscles du corps. Ceux-ci ne peuvent plus porter le poids de la tête ; celle-là ne peut plus soutenir le fardeau de la pensée ; elle est dans le sommeil, comme n’étant point. La circulation se fait-elle avec trop de vitesse ? l’âme ne peut dormir. L’âme est-elle trop agitée ? ”

