Simone Weil

Simone Weil

Résumé

Portrait de Simone Weil Simone Weil La Source grecque

L’Évangile est la dernière et merveilleuse expression du génie grec, comme l’Iliade en est la première ; l’esprit de la Grèce s’y laisse voir non seulement en ce qu’il y est ordonné de rechercher à l’exclusion de tout autre bien « le royaume et la justice de notre Père céleste », mais aussi en ce que la misère humaine y est exposée, et cela chez un être divin en même temps qu’humain. Les récits de la Passion montrent qu’un esprit divin, uni à la chair, est altéré par le malheur, tremble devant la souffrance et la mort, se sent, au fond de la détresse, séparé des hommes et de Dieu.
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Portrait de Simone Weil Simone Weil La Source grecque

Fuite, assimilation à Dieu par la justice.
La justice dans Platon est une vertu surnaturelle. Comme dans l’Évangile : le royaume de Dieu et sa justice — ceux qui ont faim et soif de justice — béatitude faite pour les meilleurs des Grecs. Car la justice est une fuite hors de ce monde dans l’autre (fuite = salut) . Opération violente, qui implique un abandon, qui implique aussi qu’on est poussé : une fuite est tout autre chose qu’une recherche. La fuite est une action qui occupe toute l’âme : quand on a peur on oublie tout, même les êtres chers. La peur pousse par derrière.
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Portrait de Simone Weil Simone Weil La Source grecque

Il faut dire la vérité, à savoir qu’ils sont d’autant plus ce qu’ils ne croient pas être qu’ils croient ne pas l’être. Car ils ignorent le châtiment de l’injustice ; et c’est la chose au monde qu’il faut le moins ignorer. Ce n’est pas celui qu’ils croient, la mort et les coups que parfois les hommes injustes ne subissent pas, mais un autre châtiment auquel il est impossible d’échapper. Il y a dans la réalité deux modèles, l’un divin et bienheureux, l’autre privé de Dieu et misérable.
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