Paul Hazard,
Giacomo Leopardi
(1913)
“ Cependant l'amour, source des illusions heureuses et des vertus, ne va pas sans tristesse ; les plaintes se mêlent aux accents qui l'exaltent. Par la fatalité de sa nature, Leopardi ne peut vivre sans lui ; dès qu'il sent sa première atteinte, l'illusion de la gloire, à laquelle il avait tout sacrifié, pâlit et s'efface : il devine que toute, sa vie, il sera condamné à aimer. Et par la fatalité de cette même nature, par la disgrâce de son corps contrefait, de sa poitrine rachitique, de cette bosse qu'il cherche vainement à cacher sous les plis de son grand manteau, l'amour lui est interdit. ”

