Pierre Frondaie

Élements biographiques

Pierre Frondaie La femme de Iakof (1939)

Être à Renaud, coûte que coûte !... Leurs deux conduites s'affrontèrent, celle de l'homme, celle de la femme : la plus humaine l'emporta.
Ce serait avilir leur liaison — d'une essence si pure qu'elle reste incorruptible — qu'en préciser les manigances, quand elle glissa, fatalement, de l'idéal dans le réel. Elle ne fit que suivre sa pente, de l'ordonnance de l'esprit aux désordres furieux de la chair, où s'épuise la nostalgie des cœurs en proie à l'infini. Les caresses de ces amants, en suspens depuis l'enfance, ne furent à la fin que la manne de leurs belles âmes tourmentées.
Source : Gallica

Pierre Frondaie Le volontaire (1938)

Je t'aime depuis que je t'ai vue ; il n'est pas d'heure, pas de minute, qui n'ait aggravé mon amour ; mes sentiments pour toi demeurent inchangés : je t'appartiens plus que jamais en te devenant invisible. Ne pleure pas, ma Lorenza. Nous avons cru que la présence était pour des amants le seul bien véritable. Elle n'est que la joie éphémère : la dure absence a le souvenir. Prêt à
affronter des périls qui peuvent terminer ma vie, je n'ai jamais tant désiré que nos âmes soient immortelles, et incapables d'oublier.
Source : Gallica

Pierre Frondaie L’Homme à l’Hispano (1924)

À son tour, il prit place dans la carrosserie somptueuse. Dewalter sourit vaguement, se retint de hausser les épaules et se tut. La nuit, sur la lande mystérieuse, sentait le sel et la résine. Aux dernières maisons du village, le moteur commença le chant de la route. Bientôt, l’allure fut régulière et rythmée comme celle d’un train et, de chaque côté de la machine puissante, dans la direction opposée à la sienne, les arbres semblaient s’enfuir en gardant leurs distances. Le vent de la rapidité hurlait aux oreilles comme un loup.
Source : Wikisource

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