Pierre Frondaie

Résumé

Pierre Frondaie Deux possédés de l'héroïsme (1939)

« Monsieur le marquis, on va vous tuer... » —Tragique et précieux renseignement à un homme déjà enveloppé de tant d'ennemis qu'il ne peut plus leur échapper ! Le marquis, dès cette minute, sait qu'il appartient au passé. Qu'il égrène encore quelques jours, ce sera comme un chapelet ! Or, veuillez retenir ceci : cet ami dont il ne doute pas, Morès l'écarté, la veille de sa mort. D'autres voient là de l'aveuglement, nous y voyons, nous, quelque chose d'une sublime grandeur d'âme : c'est le chevalier qui, perdu, laisse partir son écuyer.
Source : Gallica

Pierre Frondaie Deux possédés de l'héroïsme (1939)

Un pas qui glisse et l'insensé n'est plus sous ses griffes qu'un lièvre. Mais, imperturbable, il approche, il sent le souffle carnassier. La tigresse furieuse se ramasse, elle miaule et d'une telle rage que les environs en suspens ne soufflent plus. Le chasseur fou s'avance encore et tue le fauve à bout portant. C'est le moins fameux de ses duels. Et, encore une fois, pourquoi tant de témérité? Pour s'exercer à rester pareil à lui-même, comme à Maubeuge, quand il saute inutilement, à cinquante mètres du rapide. Tels actes sont les maillons d'une
chaîne qui lie Morès à l'héroïsme.
Source : Gallica

Pierre Frondaie Deux possédés de l'héroïsme (1939)

Morès, sur l'estrade, veut parler ; des clameurs féroces l'en empêchent (les janissaires de Constans, au signal, donnent de la voix) . La silhouette de l'orateur a quelque chose de provoquant et, dans sa beauté, de si jeune, qu'elle ouvre l'appétit de ces ogres : « A mort, passez-m'en un morceau ! » D'autres n'oseraient pas y mordre : « A la Garonne, le marquis ! » Le téméraire pourrait se croire revenu aux épisodes du Far-West, quand sa vie était aux enchères dans les salons des hors-la-loi. Il veut dominer par le verbe : impossible, on ne l'écoute plus.
Source : Gallica

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