Iakof

Définition et enjeux

Pierre Frondaie La femme de Iakof (1939)

Iakof parlait bas. Et il parla bas si longtemps que Mme Salerge commença de nourrir une double crainte : elle ferait attendre Son Altesse, et Frédérique, de son côté, ferait attendre son amant. N'y tenant plus, la poétesse revint, d'un seul bond, dans la chambre. Elle demeura stupéfaite et faillit presque, par discrétion, se retirer : Iakof, les yeux baignés de larmes, semblait un pèlerin exaucé. Il tenait en ses rudes mains la main fragile de son épouse, et, sans un mot, la caressait avec une douceur tremblante.
Toute sa personne révélait un bonheur timide et
sans joie
Source : Gallica

Pierre Frondaie La femme de Iakof (1939)

Je suis prisonnier de Iakof, mais Iakof demeure le mien. Dans dix jours nous serons partis. D'ici là, ton mari ne fera que ce que je permettrai qu'il fasse : te voilà libre, je le tiens!
Adieu, Frédérique chérie! Quand j'aurai terminé cette lettre, Renaud d'Astrel aura vécu. Celui qui s'en ira tout à l'heure, ce ne sera plus moi, mais mon ombre, et mon apparence. Personne, jamais, ne le saura : il agira, ce survivant, comme tout le monde; il se soignera s'il est malade, il s'effacera dans la foule. Ne reçois même pas de lui un serment d'amour
éternel
Source : Gallica

Pierre Frondaie La femme de Iakof (1939)

Iakof a l'âge qu'aurait mon père et ton abandon l'a cassé. Puis-je vaincre un bienfaiteur vieilli? Je ne saurais ni le frapper, ni me défendre de ses coups. Qu'adviendrait-il alors de toi, après qu'il m'aurait abattu? Isolée et sans défenseur, tu serais vite à sa merci : les lois sont douces aux puissants et celui-là, qui sait corrompre, n'aurait que trop de serviteurs dans sa lutte contre une femme.
Source : Gallica

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