Pierre Frondaie, La femme de Iakof (1939)
“ Iakof parlait bas. Et il parla bas si longtemps que Mme Salerge commença de nourrir une double crainte : elle ferait attendre Son Altesse, et Frédérique, de son côté, ferait attendre son amant. N'y tenant plus, la poétesse revint, d'un seul bond, dans la chambre. Elle demeura stupéfaite et faillit presque, par discrétion, se retirer : Iakof, les yeux baignés de larmes, semblait un pèlerin exaucé. Il tenait en ses rudes mains la main fragile de son épouse, et, sans un mot, la caressait avec une douceur tremblante. Toute sa personne révélait un bonheur timide et sans joie ”
