Pierre Frondaie

Résumé

Pierre Frondaie,  L’Homme à l’Hispano (1924)

“ Il saisit les mains de Stéphane et les baisa avec dévotion, d’un mouvement brusque, dans une espèce de frénésie frémissante. Elle sourit, surprise. Alors, il releva la tête et vit qu’il l’étonnait. Il balbutia, sans bien savoir :
— Vous ne pouvez pas comprendre mon émotion... Merci.
Et, une seconde fois, il refit le même geste. Alors, elle répondit, un peu oppressée, plus rapide qu’à l’ordinaire :
— Pourquoi ne puis-je pas comprendre ?... Votre voix a une sonorité à laquelle personne ne m’a habituée. C’est merveilleux de sentir encore un tel frémissement chez un homme comblé par la vie...
”
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Pierre Frondaie,  L’Homme à l’Hispano (1924)

“ Si vous n’étiez encore lady Oswill, je le féliciterais plutôt d’avoir toutes les vertus qui me manquent... L’oisiveté et la fortune ne l’ont pas gâté.
Elle ne répondit pas, mais sur son beau visage tout son amour s’inscrivait. Elle pensait à la tendresse de Georges, à sa flamme charmante, à son soin constant de s’orner pour lui plaire, à tant de choses délicates qui le faisaient incomparable. Elle songeait qu’il était né délivré des soucis de la vie pour avoir le temps d’aimer, comme d’autres sont dispensés de la lutte des cités pour avoir le loisir de prier dans les temples.
”
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Pierre Frondaie,  L’Homme à l’Hispano (1924)

“ Je t’ai vu tout petit... tout petit... balbutia le notaire.
Il ne savait plus dire autre chose, bouleversé par l’aspect de cette vie ruinée, par cette douleur poignante d’homme. Son vieux cœur idéaliste, son cœur d’autrefois, s’était réveillé... Il répétait sa phrase : « Je t’ai vu tout petit... » Il remuait son corps chétif, un peu ridicule, qui l’avait toujours empêché d’être aimé et, dans le salon sans lumière, il lui semblait voir une ombre glisser, une ombre triste, démodée, l’ombre légère d’une femme morte depuis vingt ans...
”
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