Résumé

Pierre Frondaie Ce que Bodley m'a raconté... : roman (1941)

« Il me boude, » pensa l'Anglais. Il se trompait : la bouderie est superflue envers les morts. Sam se bornait à ne pas jeter la moindre larme d'eau bénite sur la tombe de son « poulain ». Mais que parlons-nous ici d'eau bénite, de tombe, de larmes et de mort? Pour Sosso, Gatwick sans contrat n'était pas même feu Gatwick. Il n'était rien, moins que son ombre, moins que quelqu'un qui n'était plus : quelqu'un qui n'avait pas été! Si Gloria consentait encore à admettre son
existence, c'est qu'il restait maître d'exaucer certaine requête inattendue qu'elle lui coulait à l'oreille.
Source : Gallica

Pierre Frondaie Ce que Bodley m'a raconté... : roman (1941)

Tout n'est pas drôle à Hollywood !
— A qui le dites-vous !
— A vous, Gatwick!... Vous croyez avoir à vous plaindre? Je suis cependant généreux, mais je n'ai pas le temps d'être bon, et encore moins d'être poli.
Il se tourna vers Marion :
— Ils ne comprennent pas Hollywood ! C'est un vrai quartier général. On ne cesse d'y lancer des films à l'attaque du monde entier. Chaque entreprise est une bataille, puis une victoire ou une défaite. On se bat le jour et la nuit, pour conquérir l'insaisissable ! On se ferait tuer — en tout cas, on se crève ! — pour faire capituler le succès.
Source : Gallica

Pierre Frondaie Ce que Bodley m'a raconté... : roman (1941)

Marion commença : «Ma chérie. » Melton réprima un sursaut.
— Qu'est-ce que vous avez? demanda Gatwick.
— C'est « ma chérie », Mylord.
— Vous lisez mon courrier, ma parole !
— Je ne le lis pas, je l'entends.
— Et alors? Vous n'approuvez pas « ma chérie »?
— C'est peut-être un peu Hollywood pour une Bordelaise, Mylord.
— Il a toujours raison, c'est assommant ! cria Charley avec humeur. Marion, enlevez « ma chérie » ! Mettez « chère mademoiselle ». Ça te va, Melton? Pas encore? Eh bien ! mettons « chère et charmante amie »...
Le butler sembla satisfait.
Source : Gallica

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