Résumé

Marthe Fiel Cinéma !… Cinéma !…

Claudine s’en alla, le front têtu, la rage au cœur. Elle ne pensa pas une minute à se rendre à son atelier. Elle en avait fini avec cette existence piteuse, à l’ombre de tous les plaisirs, de toutes les satisfactions. Elle portait bien la toilette, elle était jolie, on le lui avait répété.
Elle se trouvait aussi bien et même souvent mieux que les dames de l’écran, et c’eût été sot de ne pas se servir de ses avantages.
Être la femme d’un employé comme sa mère, et vivre de cette vie étriquée, ne lui convenait nullement. Aller à l’Opéra une fois par an, au jour de l’an, la faisait rire !
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Marthe Fiel Cinéma !… Cinéma !… (1953)

Tout de suite, elle reporta son esprit vers les films brillants et son visage devint extatique.
Quelle attente fiévreuse que cette matinée du dimanche! Quelle angoisse délicieuse la possédait!
— Tu viens à la messe avec moi, Claudine?
— Oui, maman.
Pour dire la vérité, Claudine se laissait conduire ce matin-là, car elle ne pensait qu'aux heures futures. Cinéma d'abord, et ensuite la surprise, l'inconnu, l'aventure.
Elle accompagna sa mère à l'église. Prier? Elle ne le pouvait pas, et c'était effrayant. Il lui semblait que son âme était rigide, car elle ne pouvait formuler une
prière.
Source : Gallica

Marthe Fiel Cinéma !… Cinéma !…

Mais pouvait-elle faire part à Henri Elot de ses folies ? Comment un homme sérieux prendrait-il les aspirations qu’elle avait eues et qu’elle regrettait tant ! Comprendrait-il ses songes ridicules et son repentir ? Il lui semblait qu’une âme nouvelle lui était née, débarrassée des scories de son imagination.
Mais un jeune homme comme Henri, dont le bon sens ne divaguait jamais, ne pourrait pas tolérer chez sa femme, qu’il voulait simple et entière à ses devoirs, des écarts d’imagination.
Dieu merci, Claudine se sentait vaccinée et revenue de cette brume qui l’enveloppait.
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