Ad. van Bever 

Résumé

Ad. van Bever  Les Poètes du terroir

Le génie provincial s’éveille, prend conscience de lui-même. Une littérature, jaillie du sol, célèbre les vertus de la race. Au moyen âge, le bourguignon était un des quatre principaux dialectes de la langue d’oïl. Supplanté peu à peu par le « gentil parler » d’Île-de-France, il dégénéra en divers patois dont le plus connu, usité dans la « Côte d’Or », eut ses poètes de talent : Saint-Genès, le vigneron ; Pierre Dumay, qui traduisit en partie l’Enéide ; Aimé Piron, le chantre de la vie rurale ; et Bernard de la Monnoye, dont les fameux Noëls font encore la joie des veillées bourguignonnes.
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Ad. van Bever  Les Poètes du terroir

Celle de l’Anjou, a-t-on dit, n’est ni dans l’influence d’un climat spécial, ni dans l’action d’une race exclusive : elle résulte du contact du plusieurs climats et de plusieurs races. L’Ouest, le Nord et le Midi s’y rencontrent avec la diversité de leurs populations, s’y heurtent, s’y observent, s’y rapprochent et s’y fusionnent ; c’est comme un carrefour jeté entre leurs extrémités géographiques. L’Anjou est devenu province en prenant à la fois sur le Nord, sur l’Ouest et sur le Midi, et en composant agrégativement son territoire à leurs dépens [1] .
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Ad. van Bever  Les Poètes du terroir

La littérature n’est pas exclusivement une expression esthétique, mais un témoignage traditionnel destiné à se perpétuer de génération en génération. On comprend ce qu’une telle pensée a fait pour la vertu de nos dialectes. C’est une vérité un peu banale à émettre que les patois ont symbolisé la puissance du terroir. Ils furent si nombreux qu’on en comptait, il y a un siècle, près de trente mille, soit à peu près autant que de communes. On prétend, non sans raison, que, sauf dans le Midi, le Cotentin, la Bretagne et les Vosges, ils tendent à disparaître [3] .
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