Jean Ajalbert

Résumé

Jean Ajalbert Au cœur de l'Auvergne (1922)

Mais qu’importe l’origine précise du parler auvergnat — pour les fils de l’Auvergne ! On nous apprendrait demain qu’il descend du chinois que cela ne nous dérangerait guère. Ne resterait-il pas le verbe ancestral ! Pour nous, émigrants, sevrés tôt de la voix maternelle, — même nourris des splendeurs du français, du latin, du grec, c’est toute notre fibre profonde qui tressaille au patois du berceau, quand il nous est redonné de l’entendre, nostalgique, évoquer à nos esprits tumultueux, harassés de l’exode aux cités, la vie salubre, primitive et bourrue de la Montagne...
Source : Gutenberg

Jean Ajalbert Au cœur de l'Auvergne (1922)

Nous étions des pèlerins insatiables de la petite patrie, cheminant par tout le Cantal, le Puy-de-Dôme, la Corrèze, l’Aveyron, nous renforcions, nous épurions notre amour du pays, nous en apprenions la consistance et les limites par nous-mêmes, sans le secours des livres ou, plutôt, nous rapprenions, comme font des malades qui ont perdu l’habitude de marcher, par exemple. A Vermenouze, ses années d’Espagne, à moi ma jeunesse de Paris, nous avaient paralysé la fibre ancestrale.
Le marin qui renonce, le montagnard qui ne remonte pas, s’ankylosent, au meilleur d’eux-mêmes.
Source : Gutenberg

Jean Ajalbert Au cœur de l'Auvergne (1922)

Que la paix ou la mort a coulé dans mes sens !
La dame de Casteldoze ne nous est connue que par quatre morceaux, à peine une centaine de vers : quelques-uns n’ont-ils pas mérité de survivre, si délicats, si émus, si simples de sentiment éternel, — de cette troubadouresse d’Auvergne ; — si peu « troubadour », et si peu « auvergnate » ! Du moins, nous en jugeons de la sorte, parce que nous avons accoutumé de considérer les troubadours tout d’une pièce et l’Auvergne tout d’un bloc ; que de diversités, au contraire !...
Nous étions partis du Puy, avec les troubadours — qui nous ont mené loin...
Source : Gutenberg

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