Jean Ajalbert

Résumé

Jean Ajalbert Veillées d'Auvergne

Les temps ont changé, l’Auvergne aussi, mais pas autant que l’on pourrait craindre... Le vent qui souffle à travers nos puys et nos plombs a vite fait de chasser l’odeur des machines vertigineuses... Pour quelques semaines bruyantes de la belle saison pour quelques pianos dans un casino, pour quelques « cornes » effarantes sur les routes, le grandiose silence de la vallée, l’immense paix de l’étendue déserte ne sont pas plus emportés par un tour de valse que par une course de cent vingt à l’heure...
L’Auvergne est défiante et récalcitrante aux nouveautés.
Source : Gutenberg

Jean Ajalbert Veillées d'Auvergne

La cabrette, confidente de ses aspirations, de ses imaginations confuses, le pâtre, le bouvier, l’emporte, lorsque l’idée lui vient à lui aussi, comme à tant de ses aînés, d’aller chercher fortune, à travers le monde. Il n’a garde d’oublier de la mettre dans la malle au couvercle velu, lorsqu’il se décide à dévaler du buron vers les villes. Au milieu des plus durs labeurs, malgré la hâte et l’âpreté d’amasser des écus dont la musique est si douce à son oreille, il ne se passera pas de gonfler la cabrette et de lui faire redire sa chanson chevrotante.
Source : Gutenberg

Jean Ajalbert Veillées d'Auvergne

J’ai changé, évidemment ; et l’Auvergne aussi ! Vingt années de plus vous mènent un homme aux confins de la vie. Et vingt printemps « de progrès » pèsent sur les épaules des Puys et des Plombs, contemporains de la création. J’ai changé ! Pas tellement, peut-être. Des pays encore ont passé devant mes yeux, des douleurs se sont entassées sur les joies, l’histoire du monde en folie s’est épaissie de sang, d’héroïsme et de deuil, — et, par les paysages de lave et de châtaigniers, me revoilà, avec le même regard, rajeuni, la même âme, reverdie, des rives de la Dore aux sources de la Jordanne...
Source : Gutenberg

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