Jean Ajalbert

Élements biographiques

Jean Ajalbert Au cœur de l'Auvergne (1922)

La rue d’Ambert se perd dans la campagne, ou c’est le chemin des champs qui s’égare dans la ville. La promenade n’est pas une expédition : c’est le tour du jardin qui se prolonge, — et qui n’en finirait plus, par tant de séductions agrestes...
Je l’ai dit, au début, la poésie de M. R. Michalias, c’est la tasse de lait, — qui ne conviendrait guère aux palais brûlés de boissons fortes : l’alouette, la source, la cigale, le grillon, l’hirondelle, la voix du pâtre, la cloche de l’angélus, la brise d’été, la rafale d’hiver !
Source : Gutenberg

Jean Ajalbert L'Auvergne

L’altier Sancy, ce belvédère de la France, avec ses panoramas à l’ouest et au nord jusqu’à la mer, au sud jusqu’aux Pyrénées, à l’est jusqu’aux Alpes, semble ne plus porter qu’avec peine la croix plantée à sa cîme, dans ce ciel qui s’embrume, où la montagne paraît tituber, cotonneuse et lasse; c’est comme si l’on mettait des housses sur la féerie des bois, si l’on enveloppait de gazes la magie des ruisseaux et des cascades, de la montagne de l’Angle à la montagne du Cliergue, qui, de part et d’autre du Sancy, murent la vallée.
Source : Gutenberg

Jean Ajalbert Veillées d'Auvergne

J’ai changé, évidemment ; et l’Auvergne aussi ! Vingt années de plus vous mènent un homme aux confins de la vie. Et vingt printemps « de progrès » pèsent sur les épaules des Puys et des Plombs, contemporains de la création. J’ai changé ! Pas tellement, peut-être. Des pays encore ont passé devant mes yeux, des douleurs se sont entassées sur les joies, l’histoire du monde en folie s’est épaissie de sang, d’héroïsme et de deuil, — et, par les paysages de lave et de châtaigniers, me revoilà, avec le même regard, rajeuni, la même âme, reverdie, des rives de la Dore aux sources de la Jordanne...
Source : Gutenberg

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