Jean Ajalbert

Résumé

Jean Ajalbert Clemenceau (5e édition) (1931)

Or, M. Clemenceau ne jette pas l'anathème à ses adversaires ni à la vie ; optimisme remarquable encore en ce qu'il provient d'un très libre penseur, d'un athée, à qui la philosophie et la science suffisent, qui trouve là le bonheur sans éprouver le besoin de le chercher dans les religions ; optimisme non banal, en ce qu'il sort, se dégage de toutes les tristesses de notre humanité, toujours hantée de méchanceté, de haine, de sauvagerie, d'injustice, de notre lamentable planète comme inachevée, d'une boue fumante encore, de ténèbres asphyxiantes.
Source : Gallica

Jean Ajalbert Clemenceau (5e édition) (1931)

G. CLEMENCEAU.
Clemenceau ! Qui a pu échapper à ses sarcasmes meurtriers ? Ceux qui se tenaient à distance. Il était d'approche impossible.
— Je ne peux pas aimer quelqu'un sans l'engueuler !
Et de Monet même, quelle oraison funèbre : — Monet était un peureux. Il avait peur de la douleur physique, de la mort. Cette opération que je voulais lui faire faire lui aurait permis d'aller jusqu'au bout de sa vision... Il n'a pas eu plus de courage devant le néant... Il ne voulait pas y penser... Alors, il est mort sans rien avoir fait pour sa belle-fille...
Source : Gallica

Jean Ajalbert Clemenceau (5e édition) (1931)

Ceux qui lui avaient fermé la bouche avaient bien espéré que son encrier se tarirait à la longue ; leur vœu a été déçu ; la source était abondante, non seulement alimentée de souvenirs politiques, mais d'idées générales, de littérature et d'art, de pensée et de vie vécue, d'humanité et de philosophie : de ce que tant espéraient n'être qu'une mince source et qui serait vite desséchée, a coulé une belle rivière sans cesse élargie, qui menace plutôt de déborder ; il fallut bien se rendre à l'évidence : attribuer à Clemenceau la place qu'il avait prise dans les lettres.
Source : Gallica

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