Pierre Clément

Résumé

Pierre Clément Revue des Deux Mondes

Un jour, c’est Saint-Simon et d’Aguesseau qui le racontent, Louis XIV lui dit : « Seriez-vous bien aise d’être chancelier de France? — Eh! sire, répondit Pontchartrain, comment ne serois-je pas content de quitter la finance pour être chancelier, puisque je la quitterois pour rien? — Eh bien! dit le roi, n’en parlez à personne sans exception; mais si le chancelier meurt, comme il est peut-être mort à cette heure, je vous fais chancelier, et votre fils sera secrétaire d’état en titre et exercera tout à fait. »
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Pierre Clément Revue des Deux Mondes

Le pillage des châteaux et la crainte incessante pendant plusieurs mois de voir la populace des villes se porter à tous les excès la province entière, livrée à toutes les violences du soldat, tant de malheureux roués et pendus le pays ruiné, frappé coup sur coup de contributions extraordinaires, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfans chassés de leurs foyers, il n’en fallait pas tant pour que la révolte du papier timbré restât profondément gravée dans tous les souvenirs. Les plus punis furent encore les habitans de Rennes à cause de l’exil prolongé du parlement.
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Pierre Clément Revue des Deux Mondes

Si Louis XIV avait moins cédé à ses convenances personnelles, s’il ne s’était pas laissé influencer par le puéril ennui d’admettre dans son conseil un nouveau visage et par la vanité de tout diriger lui-même, loin de combattre les honorables scrupules de Pontchartrain, il aurait compris que, dans la crise où se trouvait la France, ce n’était pas trop d’un ministre pour les finances, et que forcer ce ministre à diriger un département auquel il voulait rester étranger, c’était s’exposer à compromettre, avec la marine et les finances, le salut même du royaume.
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