Résumé

Antoine Bailly Histoire financière de la France

Jamais en effet états-généraux n’eurent plus de latitude pour faire le bien; et jamais circonstance plus favorable ne s’était offerte pour fixer un droit public en matière d’impôt. Nul doute que, si l’assemblée, dont la convocation avait pour principal objet le rétablissement des finances, eût demandé à Henri IV d’assurer le vote libre et périodique des contributions publiques, elle n’eût obtenu de la sagesse et de la loyauté du roi qui avait conçu la pensée de la réunir cette garantie contre le retour des prodigalités dont la France venait d’être victime.
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Antoine Bailly Histoire financière de la France

Les impôts, plusieurs fois augmentés, ne pouvaient plus l’être davantage, on en pressa le recouvrement, et la rigueur de la perception les rendit plus onéreux encore. Au fardeau des taxes exigées par le fisc, des droits ecclésiastiques et seignauriaux, aux malheurs inséparables d’une guerre dont la France était le théâtre, se joignit la cherté des vivres, devenus rares à la suite d’une année de sécheresse. De tous côtés s’élevaient les murmures et les plaintes des peuples, réduits à la misère, tandis qu’une cour indifférente se livrait aux plaisirs et aux fêtes.
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Le fisc héritait des biens du serf qui avait été affranchi, lorsqu’il mourait sans postérité. L’homme ajourné devant la justice perdait tous ses biens s’il n’obéissait pas ; celui qui manquait à son serment envers le prince était puni de la même manière; il devait en outre composer pour sa vie; et une amende était infligée à ceux qui manquaient à l’appel ou au ban publié au nom du roi, soit pour aller contre l’ennemi, soit pour tout autre service [7] .
Dans l’origine de la conquête, les guerriers francs obtinrent des terres du fisc, c’est-à-dire des fiefs.
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