Résumé

Émile Bayard L'art de reconnaître les fraudes… (1920)

La fraude en art a ceci de caractéristique, qu'elle est de qualité supérieure; du moins lorsqu'elle mérite de tromper les réels connaisseurs. En peinture, comme en dessin et en gravure, les méfaits des copistes et pasticheurs sont d'autant plus déroutants qu'ils ne peuvent être trahis par l'économie de la matière. Un beau meuble est toujours coûteux à falsifier, tandis qu'un tableau, si beau soit-il, n'est pas d'exécution onéreuse. Le génie qu'on lui prête, à défaut de celui dont il témoigne, suffit à sa valeur.
Source : Gallica

Émile Bayard L'art de reconnaître les fraudes… (1914)

Aussi bien le bourgeois s'illusionne selon une somme égale à la laideur pressentie, qu'il prend, intimement, pour de la beauté et, comme le faux connaisseur n'estime un achat qu'à sa cherté, il ne nous reste guère à plaindre que l'amateur éclairé, souvent converti, il est vrai, à une beauté frauduleuse qui le dépasse! Du moins ce truquage de la beauté le console-t-il de son erreur, au point qu'il se demande souvent jusqu'à quel point il s'est trompé, puisqu'il a frissonné comme en présence de la beauté véritable.
Source : Gallica

Émile Bayard L'art de reconnaître les fraudes… (1920)

Une belle copie a sa valeur, mais elle n'est pas maquillée, on sent qu'elle est neuve, tandis qu'un truquage est un maquillage prétendant à l'antiquité. Un truquage vendu comme de l'ancien constitue un abus de confiance, en raison de son prix élevé proportionné à sa garantie, à sa rareté. Le pastiche, lui, a la franchise de la copie dont il partage souvent la beauté.
Il y a de beaux truquages, des truquages complets ou des demis, des quarts, des tiers de truquage, selon que l'objet d'art est entièrement neuf ou que plus ou moins d'authenticité préside à sa confection.
Source : Gallica

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