Paul Eudel

Paul Eudel

Résumé

Portrait de Paul Eudel Paul Eudel L'Hôtel Drouot en 1881 (1882)

Cette fois, je vis les yeux, aux conjonctives toutes rouges, des deux pauvres Chinois s'emplir de pleurs qu'ils n'essayèrent même pas d'écraser sous leurs paupières jaunes. Mais, excepté moi peut-être, nul n'aperçut ces larmes sur leurs joues de bronze. Les deux Chinois s'étaient comme écroulés, derrière le comptoir du commissaire-priseur et, immobiles et raidis dans
leurs robes de soie bleue et rose, jusqu'à la fin de la vente ils ne bougèrent plus, suivant désormais d'un œil sec l'effondrement de leurs espoirs, l'écroulement de leur fortune.
Source : Gallica

Portrait de Paul Eudel Paul Eudel L'Hôtel Drouot en 1881 (1882)

Mais lorsque c'est la fortune même d'un pauvre homme, d'une veuve, d'enfants orphelins, qui est en jeu, qui peut s'évaporer, se volatiliser là, finir en poussière sous le marteau du commissaire-priseur, comme on suit, sous le voile noir de la femme, sur le visage blême de l'homme ruiné, les traces de l'angoisse ! Combien de fois je les ai vus, ces frémissements de lèvres, ces larmes grosses dans les yeux rougis! Quelles souffrances, tandis que le crieur s'époumonne à gonfler, comme un ballon qui s'obstinerait à rester à terre, cette vente qui ne grossit pas!
Source : Gallica

Portrait de Paul Eudel Paul Eudel L'Hôtel Drouot en 1881 (1882)

Pillet, qui a dirigé en dernier lieu la vente très réussie d'un Hollandais, a régné pendant vingt-six ans, le marteau à la main et le sourire aux lèvres. Son marteau était un sceptre, son sourire un talisman. C'est lui qui, pendant une longue carrière honorable et bien parcourue, a certainement le plus contribué à développer le goût des arts en France ; c'est lui qui a poussé à cette hausse, toujours croissante, du bibelot en Europe.
Source : Gallica

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