Félix Jousseaume

Résumé

Félix Jousseaume Les vandales du Louvre (1910)

On a assurément obtenu une peinture aussi propre qu'un linge passé à la lessive : il ne reste plus de crasse et bien souvent plus de trace de la fleur du tableau. L'alcool fauche la beauté d'une œuvre comme la faulx l'herbe des prés. Quatre fois sur cinq, c'est un tableau défraîchi, neuf fois sur dix, c'est un tableau déshonoré. Toutes les fois que je vois quelqu'un une bouteille d'alcool d'une main et un tableau de l'autre, j'ai le frisson. On ne saura jamais le nombre des chefs-d'œuvre complètement détériorés par ce détestable produit.
Source : Gallica

Félix Jousseaume Les vandales du Louvre (1910)

Cela me paraît impossible : depuis Raphaël, combien d'artistes ont peint des vierges, combien d'admirables chefs-d'œuvre ils nous ont laissés ! Aucun n'a su comme Raphaël peindre et envelopper son sujet de ce mystérieux idéal qui attire, charme, impose, et fait tomber dans la contemplation. Corot, qu'on a tant imité, est également inimitable : il ne parle pas aux sens, il frappe l'imagination; ce n'est pas seulement l'image de la nature qu'expriment ses tableaux; c'est ce qu'elle a de mystérieux, ce qui nous la fait trouver belle, souriante, majestueuse ou imposante.
Source : Gallica

Félix Jousseaume Les vandales du Louvre (1910)

Tout le monde peut se tromper et se laisser tromper, surtout en objets d'art.
Mais on sait ce que l'on fait en donnant un tableau à réparer. Le restaurateur, artiste de talent à qui on le confie, met tout son savoir et son amour-propre à cette délicate besogne; il déploie tant d'ardeur, d'acharnement et de conviction, qu'il en arrive, à force de vouloir trop bien faire, à modifier le dessin, corriger de prétendues fautes, faites par l'auteur avec
intention, à atténuer des tons, à en raviver d'autres, à repeindre enfin le tableau en entier.
Source : Gallica

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