Résumé

Portrait de Vincent d’Indy Vincent d’Indy Histoire du 105e Bataillon de la garde nationale de Paris en l'année 1870-1871… (1872)

Les corps d'armée, les batteries d'artillerie sont des machines à vapeur que l'on lance l'une contre
l'autre : la plus faible est brisée et l'autre continue son chemin !.
Et la valeur ! et la bravoure ! vains mots ! Le hasard décide tout. Quelle valeur y a-t-il à calculer la trajectoire d'un projectile ? Est-ce même de la bravoure, dans les rares occasions où l'on peut voir et aborder l'ennemi, de se jeter au milieu de la mêlée? lorsqu'on sait que la mort est au moins aussi imminente à deux lieues et demie que sur les retranchements même des adversaires.
Source : Gallica

Portrait de Vincent d’Indy Vincent d’Indy Histoire du 105e Bataillon de la garde nationale de Paris en l'année 1870-1871… (1872)

Mais il est difficile de s'habituer à ce sifflement fatal, inflexible, inexorable des obus. (Epithètes qui caractérisent très-bien l'impression que l'on ressent.) Pour nous, bien que nous l'ayions entendu des milliers de fois, au dernier comme au premier jour du bombardement, nous ne pouvions nous empêcher de frissonner, et nous sentions une sueur froide nous parcourir tout le corps, à l'audition de ce terrible crescendo.
Ce n'était pas de la peur : car les vieux matelotscanonniers qui servaient nos pièces de marine
nous avouaient éprouver la même sensation.
Source : Gallica

Portrait de Vincent d’Indy Vincent d’Indy Histoire du 105e Bataillon de la garde nationale de Paris en l'année 1870-1871… (1872)

On distinguait le coup qui allait siffler au dessus de nous ; puis, à peine avait-on entendu la détonation, que le sifflement fatal se développait dans un effrayant crescendo ; enfin, un coup sourd annonçait que le projectile avait éclaté.
Je ne connais rien de plus affreusement fatal que ce sifflement des obus : on ne peut donner la description de la sensation plus que désagréable que ce bruit fait éprouver : on ressent comme un malaise, et, quand le projectile approche, on a tout juste le temps de se poser ce raisonnement : « Est-ce pour moi ou non? »
Source : Gallica

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