Résumé

Portrait de Vincent d’Indy Vincent d’Indy Revue Musicale de Lyon 1904-01-12…

Ceux que la bienveillance du maître autorisait à assister auprès de lui à ces offices n’oublieront certes jamais les hautes jouissances d’art que ses improvisations ont procurées à leur esprit.
En 1872, Franck succéda à son ancien maître Benoist comme titulaire de la classe d’orgue au Conservatoire de Paris, mais beaucoup de ses confrères ne consentirent jamais à regarder comme des leurs ce professeur qui avait l’audace de voir dans l’art autre chose qu’un métier lucratif. Et, en effet, César Franck n’était pas des leurs. Ils le lui firent sentir.
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Quant au physique, quiconque coudoyait dans la rue cet être toujours pressé courant plutôt que marchant, aux vêtements trop larges, au pantalon trop court, au visage grimaçant et distrait, encadré dans des favoris grisonnants, ne pouvait, certes, se douter de la transfiguration qui s’opérait alors qu’il expliquait ou commentait au piano une œuvre de beauté ou qu’il préparait à l’orgue l’une de ses géniales improvisations.
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Assiduité constante dans le travail, modestie et conscience artistique, tels furent les points saillants du caractère de César Franck ; mais il est encore une qualité, bien rare, celle-là, surtout (il faut bien l’avouer) chez les artistes, que Franck posséda a un très haut degré : ce fut la bonté, la calme et sereine bonté, et c’est bien à juste titre qu’on a pu lui appliquer le nom de Pater seraphicus. Son âme, en effet, ne put jamais concevoir le mal ; jamais il ne voulut croire aux basses jalousies que son génie suscitait chez la plupart de ses collègues... et non chez les moindres
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