Jean Chantavoine

Élements biographiques

Jean Chantavoine Liszt : avec citations musicales dans le texte… (1950)

Weimar préparait Bayreuth.
C'est que, chez Liszt, l'admiration n'échappait jamais au contrôle d'une intelligence, la plus large, la plus profonde et surtout la plus instruite qu'eût jamais montrée un musicien. Il possédait un sens merveilleux pour découvrir, chez un artiste inconnu et incertain peut-être de lui-même, les signes, obscurs pour tout autre, du génie ou du talent et lorsqu'une fois il avait ainsi, dans la masse journalière des croque-notes, distingué un artiste, il n'épargnait rien, conseils, démarches, assistance de toute nature, pour l'aider dans la carrière.
Source : Gallica

Jean Chantavoine Le Poème symphonique

Tout n’est ici que quintessence impondérable et diaphane. La matérialité du spectacle, une seule danseuse pour de bon sur la scène, accaparant l’attention, précipite cette poésie en suspension, arrête ce vertige ; elle en contredit la grâce et l’esprit. Que la musique, au concert, y règne sans partage, elle y ranime cette poésie, cette grâce et cet esprit. La Valse cesse d’être une valse, une danse, pour devenir un poème symphonique, au même titre que Bruits de fête, avec une suggestion plus précise de genre, de milieu et d’époque.
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Jean Chantavoine Musiciens et poètes ; Goethe musicien… (1912)

Aussi voyons-nous Heine, dans les Amours du poète, porter au comble de la finesse le lyrisme allemand, et le persifler tout ensemble. Le bon Robert Schumann, qui n'est pas un Israélite sagace, mais un brave homme d'Allemand, ne voit pas si loin dans les vers de Heine ; il se prend au piège ; il ne saisit que l'apparence ; il est dupe. Et, sur ces vers ambigus, il écrit une musique sincère, où il n'y a plus trace d'ironie narquoise et persifleuse. C'est que lui-même a éprouvé, pour de bon, ses « amours de poète » : chaque petite pièce de Heine est pour lui une impression de vie vraiment vécue.
Source : Gallica

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