Jean Chantavoine, Musiciens et poètes ; Goethe musicien… (1912)
“ Aussi voyons-nous Heine, dans les Amours du poète, porter au comble de la finesse le lyrisme allemand, et le persifler tout ensemble. Le bon Robert Schumann, qui n'est pas un Israélite sagace, mais un brave homme d'Allemand, ne voit pas si loin dans les vers de Heine ; il se prend au piège ; il ne saisit que l'apparence ; il est dupe. Et, sur ces vers ambigus, il écrit une musique sincère, où il n'y a plus trace d'ironie narquoise et persifleuse. C'est que lui-même a éprouvé, pour de bon, ses « amours de poète » : chaque petite pièce de Heine est pour lui une impression de vie vraiment vécue. ”
