Résumé

Paul Franchet Revue Musicale de Lyon 1904-02-24…

La douleur sous le coup de laquelle Beethoven écrivait la septième sonate avait torturé mais non terrassé son tempérament d’une énergie surhumaine. La souffrance loin d’abattre les natures d’élite ne fait que les tremper plus solidement. Beethoven, grâce à la toute-puissance de sa volonté ne tarda pas à maîtriser son profond désespoir. Dès que furent cicatrisées les blessures de son âme, il se reprit comme un convalescent, à mieux apprécier les bienfaits de l’existence, à trouver plus belle la nature qu’il aimait tant, et il écrivait la huitième sonate.
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Dans bon nombre d’églogues les sentiments exprimés sont purement artificiels. Le cœur n’est guère de la partie. L’esprit seul fait tous les frais de ces dialogues ampoulés qui dégénèrent promptement en fade mièvrerie et deviennent insipides. Chez Beethoven, les bergers n’ont de conventionnel que le costume. Ce sont des êtres humains qui laissent librement parler leur cœur. Aussi, malgré les redites de la phrase principale, ce tempo di minuetto amène une douce et pénétrante émotion.
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« L’inspiration est la solution instantanée d’un problème longtemps médité. » Cette définition est remarquablement vraie pour ce qui concerne Beethoven.
Si un doute pouvait subsister encore sur le caractère pastoral de la huitième sonate, l’allegro vivace viendrait le dissiper tout à fait. Cet air de huit mesures en doubles croches joué dans le grave par la main droite, tandis que sur chaque mesure la main gauche plaque une pédale double de la tonique, est véritablement une ritournelle de ronde villageoise jouée, semble-t-il, par une cornemuse.
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