Résumé

Portrait de Armand Després Armand Després De la Peine de mort au point de vue physiologique… (1870)

La prolongation de la vie et des souffrances dans la tête des décapités est le moins bon entre tous les arguments contre la peine de mort.
Je ne voudrais pas ici faire l'analyse des sentiments que l'on éprouve devant les apprêts de l'exécution capitale, devant le condamné marchant au supplice. Je suis médecin, je sais trop combien il est difficile d'arracher les malades à la mort, pour voir froidement tuer un homme plein de vie, fût-il le plus grand des criminels.
Je souhaite ardemment que la société parvienne à se protéger contre les crimes par d'autres moyens que la peine de mort.
Source : Gallica

Portrait de Armand Després Armand Després De la Peine de mort au point de vue physiologique… (1870)

Ni lui ni l'autre n'ont été arrêtés par l'idée de supplice.
L'homme qui tue par vengeance fait le sacrifice de sa vie, et n'espère pas échapper; témoin Collignon. « L'assassin, c'est moi! » s'est écrié le criminel en sortant de chez M. Juge. Que dis-je! Collignon avait réglé ses
affaires avant le meurtre. Les homme de ce genre entrevoient la guillotine. Ils raisonnent les suites de l'acte qu'ils commettent, rien ne les arrête : ils obéissent à une passion, comme l'individu qui se suicide.
Source : Gallica

Portrait de Armand Després Armand Després De la Peine de mort au point de vue physiologique… (1870)

On peut donc admettre que l'idée de la mort sanglante est celle qui est le plus redoutée de l'homme sain, celle qu'il entrevoit avec le plus d'horreur. J'affirme que, seul en face de la mort par le couteau sans le contre-poids de l'exposition aux regards du public ou de témoins autorisés, sans le cortège du supplice, tout condamné laisserait échapper de sa poitrine gonflée par l'angoisse le cri déchirant de la terreur au pied de la guillotine.
Source : Gallica

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