Résumé

V. Cousin Revue des Deux Mondes

L’idée du devoir est le centre de la morale de Kant, et sa morale est le centre de sa philosophie. Les doutes que peut laisser une métaphysique sévère, la morale les résout, et sa lumière éclaire à la fois et la religion et la politique. S’il y a dans l’homme l’idée d’une loi supérieure à la passion et à l’intérêt, ou l’existence de l’homme est une contradiction et un problème insoluble, ou bien il faut que l’homme puisse accomplir la loi qui lui est imposée ; si l’homme doit, il faut qu’il puisse, et le devoir implique la liberté.
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V. Cousin Revue des Deux Mondes

Plus heureuse, la révolution française, née en même temps que la révolution philosophique de l’Allemagne, partie à peu près du même point, de la déclaration des droits primitifs et éternels de l’homme indépendamment de toute société, de toute histoire, comme l’autre des lois pures de la raison humaine indépendamment de toute expérience, proclamant également et le mépris du passé et les espérances les plus orgueilleuses, a parcouru, en quelques années, ses vicissitudes nécessaires, et nous la voyons aujourd’hui arrivée à son terme, tempérée et organisée dans la charte qui nous gouverne.
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V. Cousin Revue des Deux Mondes

Toutefois, avec le respect que je dois à mon aîné, oserai-je dire qu’au moins d’après nos conversations je ne suis pas très sûr que M. Van Heusde arrive en philosophie à des résultats bien déterminés. Il m’a dit que la philosophie n’est en elle-même ni une science ni un art, mais le lien commun des arts et des sciences ; elle se mêle à tout ; il faut la suivre et la transporter en toutes choses ; mais pour en faire un système propre et indépendant, cela n’est pas possible ; et telle est, selon le philosophe d’Utrecht, la pensée de Socrate et de Platon.
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