Résumé

Michel Bréal Souvenirs d’un voyage scolaire en Allemagne

Celui qui a l’école ne possède pas encore pour cela dans ses deux mains l’avenir : il faut tenir grand compte, en matière d’éducation, de ce que le philosophe Herbart appelle « les collaborateurs occultes, » à savoir l’opinion publique, la presse, la vie privée, l’exemple des grands, la moralité des événemens. Ce n’est pas en Allemagne pour la première fois qu’on a eu l’idée de s’emparer par l’éducation des générations nouvelles ; mais, si l’on agit avec trop d’insistance sur l’intelligence de l’enfant, on court risque qu’il ne se révolte ou qu’il ne se dérobe par l’hypocrisie.
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Michel Bréal Souvenirs d’un voyage scolaire en Allemagne

L’opinion qui prévalut et qui aujourd’hui règne à peu près sans partage en Allemagne, c’est que la realschule, pour occuper à côté du gymnase une place incontestée et respectée, doit être une institution à la fois scientifique et littéraire, sans aucune vue d’utilité immédiate, — qu’elle doit être non l’antithèse du gymnase, mais un gymnase mitigé, où les connaissances historiques et littéraires tiennent encore une belle place, tout en laissant du champ aux mathématiques, à l’histoire naturelle, à la physique et à la chimie.
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Michel Bréal Souvenirs d’un voyage scolaire en Allemagne

I Puisque j’ai commencé de parler du caractère national qu’a revêtu l’enseignement allemand, j’aime mieux traiter tout de suite, pour n’avoir pas à y revenir, ce difficile et instructif sujet. Le temps est loin où l’on pouvait reprocher à l’Allemagne de se perdre dans les abstractions philosophiques, ou de s’oublier dans le culte de l’antiquité, ou d’accorder aux autres peuples plus d’attention qu’à elle-même.
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