Romain Rolland,
Pierre et Luce
(1920)
“ Ce soir, ce sont nos fiançailles, dit Pierre. Appuyés l’un sur l’autre, en marchant, dans l’ombre, doucement ils pleuraient de tendresse. Le sol, sous leurs pas, crissait de vitres brisées, et le pavé saignait. Autour de leur amour, la mort et la nuit étaient tapies. Mais au-dessus de leurs têtes, comme d’un cercle magique, au haut de l’embrasure des deux noires murailles de la rue resserrée, telle une cheminée, dans la pulpe du ciel battait le cœur d’une étoile... Et voici ! Les voix des cloches chantent, les lumières se rallument, et les rues se raniment ! L’air est libre d’ennemis. ”
