Romain Rolland,
Pierre et Luce
(1920)
“ Et Pierre, clavier intelligent, devinait, aux petites ondes qui couraient sous les doigts, les émotions qui passaient dans l’âme de l’amie. Il l’entendit soupirer, avant qu’elle eût soupiré. Luce s’était soulevée, le corps penché en avant, et, le souffle oppressé, elle gémit à mi-voix : — Ô Pierre ! Pierre, saisi, la regardait. — Ô Pierre ! Qu’est-ce que nous sommes ?... Qu’est-ce qu’on veut de nous ?... Qu’est-ce que nous voulons ?... Qu’est-ce qui se passe en nous ?... Ce canon, ces oiseaux, cette guerre, cet amour... ces mains, ce corps, ces yeux... ”

