Gérard-Gailly, Revue des Deux Mondes
“ Tu le sais ? Non, tu ne le sais pas, ni combien je t’aime, plus que tu ne m’aimes. Et tu protestes encore, car toi aussi tu m’aimes plus que je ne t’aime. Croyons-le tous deux. Notre amour serait en péril de mort, si nous n’avions pas cette croyance. Anne-Marie, ma bien-aimée, reviens. Reviens, pour me donner le bonheur de te dire : « Anne-Marie, ma bien-aimée, » et surtout de te dire : « toi. » « Toi, » c’est ton plus beau nom. Je t’appelle aussi Anne-Marie, chez toi, devant les tiens, et ce double prénom m’émeut et m’attendrit : il me fait rêver à des rosées et au ciel frais du grand matin. ”
