Résumé

Portrait de Pétrarque Pétrarque Choix de sonnets... 3e édition (1869)

Lorsque je vois du ciel redescendre l'Aurore, Portant au front la rose et dans ses cheveux l'or, Amour vient m'assaillir et je me décolore, Et dis en soupirant : Là-haut Laure est encor !
Tu sais, heureux Tithon, quelle heure voit éclore Aux bords de l'Orient ton aimable trésor ; Mais que ferai-je, moi? ce laurier que j'implore, Mon esprit l'aura joint lors du dernier essor !
Vos adieux, votre absence, époux, est bien moins dure, Car dans l'ombre vers toi retourne la beauté Qui ne méprise point ta blanche chevelure.
Pour moi la nuit est triste et la journée obscure
Source : Gallica

Portrait de Pétrarque Pétrarque Choix de sonnets... 3e édition (1869)

IL MANDE SES VERS AU TOMBEAU DE LAURE.
(Ite, rime dolenti, al duro sasso)
Allez, rimes de deuil, à cette dure pierre Qui cache mon trésor dans une avare terre; Appelez en pleurant qui vous répond du ciel. Bien qu'en ces lieux obscurs soit son voile mortel.
Dites-lui, dites-lui que je me désespère Et suis las d'affronter les vents et l'onde amère; Mais que pour recueillir son feuillage immortel Je reviens sur ses pas dans mon exil cruel.
D'Elle seule parlant, vivante ou trépassée, —Vivante.. .Eh quoi ! là-haut sa gloire est commencée : Le monde va par moi la connaître et l'aimer.
Source : Gallica

Portrait de Pétrarque Pétrarque Choix de sonnets... 3e édition (1869)

L'or brillant que l'Amour de sa main a filé A ce souffle embaumé s'étend, s'agite et vibre ; Vers son oeil, doux flambeau, mon esprit a volé, De ses cheveux lié, mon coeur las n'est plus libre.
En m'approchant à peine à sa vue ont tremblé, La moelle dans mes os, mon sang dans chaque fibre.. Sa main dans la balance a si souvent mêlé Et ma vie et ma mort dans un frêle équilibre !
Ah ! je n'ose avancer... je les vois flamboyer
Ces noeuds dont je suis pris, ce regard qui m'attire :
Ne le comprenant pas , pourrais-je le redire ?
Source : Gallica

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