Pétrarque,
Choix de sonnets... 3e édition
(1869)
“ Lorsque je vois du ciel redescendre l'Aurore, Portant au front la rose et dans ses cheveux l'or, Amour vient m'assaillir et je me décolore, Et dis en soupirant : Là-haut Laure est encor ! Tu sais, heureux Tithon, quelle heure voit éclore Aux bords de l'Orient ton aimable trésor ; Mais que ferai-je, moi? ce laurier que j'implore, Mon esprit l'aura joint lors du dernier essor ! Vos adieux, votre absence, époux, est bien moins dure, Car dans l'ombre vers toi retourne la beauté Qui ne méprise point ta blanche chevelure. Pour moi la nuit est triste et la journée obscure ”
