Résumé

Henry Pierret Promenades botaniques de tous les mois (1885)

Le temps de notre intimité avec elle est resté pour Laure et pour moi un des plus doux souvenirs de notre jeunesse.
Nous voici donc chargés de bottes de genêt, de mélilot, de valériane, de feuilles de ronce, nous acheminant vers le logis ; nous avions pris entre nous, Louis et moi, le grand panier de la petite Madeleine qui, portant sur son dos sa charge de linaigrette, et s'avançant péniblement courbée sous son fardeau, devait faire de loin l'effet d'un gigantesque colimaçon
parti pour entreprendre une promenade dans les champs à la recherche des bardanes.
Source : Gallica

Henry Pierret Promenades botaniques de tous les mois (1885)

La nature était rassérénée bien qu'elle eût un air plus austère. Marie en compagnie de Claire et de la reine des gnomides, devenue presque vieille, était au milieu du lac, debout sur un étroit rocher ; elle se demandait pourquoi on ne tâchait pas de nous rejoindre, Laure et moi, sur la rive d'où nous faisions des gestes d'appel. Elle sentait sourdre dans son esprit une inquiétude qui s'augmenta jusqu'à l'effroi, lorsqu'elle vit les pieds de ses compagnes rapetisser, se joindre et devenir une racine qui s'enfonça dans le rocher.
Source : Gallica

Henry Pierret Promenades botaniques de tous les mois (1885)

Je cueillais des branches fleuries pour les donner à Laure qui les prenait en souriant.
La reine des gnomides n'avait qu'à fixer ses regards sur une fleur pour que celle-ci prît un éclat sans pareil, qu'à l'effleurer d'un pli de sa robe pour qu'elle exhalât le plus doux parfum.
Marie enviait, malgré elle, cette puissance, elle soupirait en se disant: Que peut une petite fille comme moi? Elle ne peut rien.
La belle jeune femme se tourna vers elle : — Une petite fille peut être bonne, si elle le veut, fit-elle doucement; en fait de bonté, vouloir c'est pouvoir.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature