Louis Jourdan,
Rimes galantes et rimes rustiques
(1897)
“ Dans tes vers, Le printemps rit, le ciel est bleu, les prés sont verts. Pourtant il fait bien froid ; sur la terre glacée La trace des pas est par la neige effacée. Par la vitre mal close et par les ais du toit L'âpre bise, en sifflant, a pénétré chez toi. Et dans ce morne hiver, dur au corps, triste à l'âme, Ta vie est sans amour, ton foyer est sans flamme. Pour quel rêve insensé de gloire, pauvre enfant, As-tu, sourd à la voix douce qui le défend, Quitté ta mère en deuil, ta soeur qui se lamente, Et la blonde fillette au front pur, ton amante, Et tes amis, et ton village, et ta maison ? ”

