Résumé

Portrait de Albert Glatigny Albert Glatigny Œuvres de Albert Glatigny

Corps fait de pourpre vive et de neige et de lis !
Par la joie et l’amour que ton aspect enfante,
Ne crains pas que jamais mon regard indiscret
Poursuive tes pensers dans leur sombre retraite ;
Devant moi si ton cœur de lui-même s’ouvrait,
Pour ne pas regarder, je tournerais la tête !
Qu’importe ce qui vit derrière le rideau,
Quand dans ses larges plis l’or éclate et foisonne ?
N’arrachez pas encore a mes yeux leur bandeau,
Rien ne saurait valoir tout ce qu’il emprisonne.
L’idéal, c’est ta lèvre et ses joyeux carmins,
Tes regards aveuglants qu’un soleil incendie
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Portrait de Albert Glatigny Albert Glatigny Œuvres de Albert Glatigny

Rien n’est beau, rien n’est grand, rien enfin n’est complet :
Dans un terne milieu, vague, stupide et gauche,
Le monde abâtardi se roule et se complaît.
Les femmes ont traîné dans les vieux vaudevilles
Leurs jupons soulevés sans amour ! Ô dieux bons !
Vous le voyez, toujours au fond des choses viles,
Du haut de nos fumiers infects, nous retombons.
Ô mon cœur ! ô mon cœur ! tu connais cette angoissé
Interminable et lente et qu’on ne peut tromper !
Faut-il que chaque jour qui se lève l’accroisse,
Et sans cesse l’ennui devra-t-il nous saper ?
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Portrait de Albert Glatigny Albert Glatigny Œuvres de Albert Glatigny

D’un corps que tout le monde en le payant obtient
Voilà pourquoi je veux, vivante marchandise,
Épier le secret de tes mornes ennuis,
Et je veux que ton cœur exaspéré me dise
Les horribles dégoûts des amoureuses nuits !
Ne crois pas qu’enfermant tes yeux maudits, tu puisses
Saisir, pour un instant, le vague souvenir
De ce temps où, marchant à travers les délices,
Comme un immense amour tu voyais l’avenir.
Non ! les jours ne sont plus où, de voluptés ivre,
Le bel adolescent te serrait dans ses bras
En disant : — Si tu veux, ô toi qui me fais vivre !
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