“ Mère adorée. Il veut se laver de sa honte Dans ton sang. Chaque jour, ce lâche fait le compte De tes blessures : « Tiens ! Encore celle là, Et je vais revêtir mon habit de gala, Et je te châtîrai, France maudite ! » O dogue Edenté ! Corps pourri qui n’es plus qu’une drogue, Tu crois donc revenir avec tes prussiens ? Ne le souhaite pas. Si jamais tu reviens, Tu reviendras ainsi que Tropmann : la moustache Rasée, un bonnet vert sur la tête, à l’attache, Et Toulon t’ouvrira, pour passer tes hivers, Le cabanon de Joze ou bien de Lathauwers ! ”
Citations sur “Albert Glatigny”
François Coppée,
Souvenirs d'un parisien
(1910)
“ Fils d'un brave gendarme qui portait le jaune baudrier dans un village du Calvados, Albert Glatigny avait un jour découvert un vieux Ronsard mangé des rats dans le grenier familial et s'était affolé de poésie et de rimes en lisant les œuvres du gentilhomme vendômois. Puis, comme il cachait ses premières strophes dans un pupitre de clerc d'huissier, à Pont-Audemer, une troupe de comédiens vint à passer, et il partit avec eux, espérant jouer un jour les Frédérick Lemaître, mais d'abord en qualité de souffleur. ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Jean-des-Figues l’ouvrit et y trouva diverses choses, telles que gants, pantoufles et portraits de femme, pipe turque et lettres d’amour, qui firent de lui, pour le reste de ses jours, un fou et un poète. Albert Glatigny fit dans le grenier du gendarme une de ces trouvailles qui, comme la lampe merveilleuse d’Aladin et la malle du cousin Mitre, prédestinent celui qui les découvre à une destinée singulière. ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Le jeune Albert Glatigny ouvrit le livre et, chose merveilleuse ! il comprit ce vieux et fier langage, ce beau parler latin, ces façons galantes, ces bravoures de rythme, ces images antiques, ces figures de dames et de dieux, toute cette lyre enfin qui sonna si haut sur la France des Valois. Ce garçon de village, dévorant les odes du prince des vieux rimeurs français, montre sa noble origine et prouve qu’il était poète de race. Qu’importe ce qui est écrit ? Ce qu’on lit compte seul. Un miroir ne sert de rien à un aveugle. ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ About, qui ne sentait point ses reins assez forts, Se retira. Se retira. Le vieux Guéroult, sombre et farouche, Resta seul. Aucun mot ne tombait de sa bouche : Un numéro faillit se trouver en retard. En vain on lui donna Deschamps et Villetard, Rien ne put arrêter la source lacrymale De ses yeux ; il disait à l’École normale : « Rends-le-moi ! » Quelqu’un dit, pour consoler son cœur : « Mettons, au lieu d’About, un autre chroniqueur. » Le Temps survint. Le Temps survint. Soudain un nouveau bon jeune homme Parut, qui rappelait Biéville. ”
Henri de Pène,
Le Paris viveur
(1862)
“ Ce dernier malheur fut le terme de sa carrière d'acteur. Il se jeta alors à corps perdu dans la poésie, qui a le tort de ne pas toujours nourrir son monde, mais qui a l'avantage de permettre aux gens d'élever leur front jusqu'aux astres, si bon leur semble. Albert Glatigny doit avoir vingt ans aujourd'hui. Je le crois lancé. Il cisèle présentement un grand ouvrage pour les Funambules : le Hanneton lumineux. En attendant, le Papillon de Taglioni, d'Offenbach et de M. de Saint-Georges vole, vole à l'Opéra, et les avant-scènes fêtent Mlle Livry, et les journaux l'exaltent. ”
Pierre Dufay, Autour de Baudelaire : Poulet-Malassis… (1931)
“ Que tout bas invoque sans trêve Le poète inédit qui rêve Triste et sur une malle assis... Au nombre de ces poètes inédits figurait Albert Glatigny qui cabotinait alors dans la troupe ambulante du sieur Blanchereau. Il adressa à Poulet-Malassis, directeur du Journal d'Alençon, une pièce dithyrambique à la gloire de l'auteur des Odes funambulesques qui venait d'être pour lui une révélation. Cette pièce fort médiocre, recueillie depuis par Job Lazare dans son Albert Glatigny, était signée : A. Glatigny, artiste, Cour du Paradis, Guibray. ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Le reste de la lettre est relatif à la défense de Bernay. Rien de plus brave ni de plus honnête au monde que les sentiments qui animent Glatigny, en face des malheurs de la patrie. Seul avec un vieillard, il salue le drapeau français qui traverse Beaumesnil. Il bouillonne d’amour et de haine, il est farouche et généreux. Mais il trouve à nos défaites des explications de carrefour ; l’indiscipline des mobiles lui inspire quelque enthousiasme ; il se fait sur certains corps francs des illusions quasi filiales. Que voulez-vous ? Malgré sa lyre, il est peuple. ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Les armées allemandes, en s’étendant sur Paris, chassèrent loin devant elles, entre autres fugitives, une jeune orpheline, Américaine de naissance, Française d’éducation, qui, deux ans auparavant, avait connu le poète vagabond à Nice, où elle vivait avec son frère. Quand Mlle Emma Dennie s’installa à Beaumesnil, Glatigny en sortit. Nous saurons tout à l’heure le secret de cette fuite, nous verrons que le pauvre garçon pouvait dire comme le héros de son ennemi Racine : « Si je la haïssais, je ne la fuirais pas ! » ”
Albert Glatigny,
Anthologie des poètes français contemporains
“ Ce qui constitue l’originalité curieuse et sans égale d’Albert Glatigny, c’est qu’il est non pas un poète de seconde main et en grande partie artificiel, comme ceux que produisent les civilisations très parfaites, mais, si ce mot peut rendre ma pensée, un poète primitif, pareil à ceux des âges anciens, qui eût été poète quand même on l’eût abandonné petit enfant, seul et nu dans une lie déserte. ”
Albert Glatigny,
Joyeusetés galantes et autres
(1866)
“ Par qui le temps n’est plus de ces rudes secousses [1] Qui mettaient tant de fiel dans l’âme de Ponsard ! Comme des papillons, mes doigts vont au hasard Des vits enamourés que le soleil relève, Ô mystères ! l’un est recourbé comme un glaive ; L’autre est droit ; un troisième est gros et rond. ”
Albert Glatigny,
Anthologie des poètes français contemporains
“ ALBERT GLATIGNY Bibliographie. — Les Vignes folles (1857) , — L’Ombre de Callot, prologue en un acte et en vers (1863) ; — Vers les saules, comédie en un acte et en vers (1864) ; — Les Flèches d’or (1864) ; — Pès de Puyanne, drame en trois actes (1866) ; — Prologue pour l’ouverture des Délassements comiques (1867) ; — Le Bois, saynète (1868) ; — Le Compliment à Molière, à-propos en un acte, représenté à l’Odéon le 13 janvier 1872 (1872) ; — Le Singe, comédie en un acte (1872) ; — Gilles et Pasquins, poème (1872) ; — L’Illustre Brisacier, drame en un acte (1873) ; — Poésies complètes. ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Et dans la brume où son grand spectre nage, Rendus joyeux par l’odeur du carnage, Les noirs corbeaux volent confusément. Les chevaliers sont étendus et roides ; Tous vers le ciel tournent leurs faces froides. ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Et qu’il faut n’avoir pas de cœur, en ces moments, Pour nier l’espérance et pour nier la joie ! Le ciel est un railleur et souvent nous envole Du brouillard, de la neige, et nous dit : « C’est l’hiver ! Tout est fini pour vous, enfants ! » ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Sur les chemins pleins de hasard. Il vous eût donné le sourire, Le charme et la grâce des pleurs, Lame tendre qui se déchire Par l’amour et par les douleurs. Il vous eût donné cette fièvre Qui suit les courageux travaux. ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Comme c’est bien ainsi que vont les heures quand on s’aime ! et comme il est vrai que les plus grandes amours sont composées, minute par minute, de petites aventures pareilles à celle du plat d’étain. ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Hardi ! les fils de haute race, Comme aux beaux jours de Hernani ! Vienne la blessure écarlate Teindre nos habits poussiéreux ; Nos cœurs, que l’audace dilate, Trouvent leurs corps étroits pour eux ! ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Ou bien le jeune Plée, ou bien la Bédollière, Qui du grave Havin, milice familière, Disaient : « Maître, » en entrant, et « farceur », en sortant Et pour la Bédollière aussi bien que pour Plée, Le journal contre tous bravement guerroyait. Les porteurs s’épandaient au matin, troupe ailée, L’Union gémissait, mourante échevelée, Et Limayrac, prudent, au lointain louvoyait. Or, en ces temps fameux, seigneur de sa boutique, Havin se promenait avec ses rédacteurs. ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Sous les plus chauds baisers mes chairs resteront froides ; Et rien ne fléchira mes contenances roides ; Mes bras seront de neige et ma crinière d’or ; Rien jamais ne fondra cette glace indomptée : Ô mortels ! ”
Albert Glatigny,
Joyeusetés galantes et autres
(1866)
“ Brimballaient à son cul ses deux roustons gaillards. Il est mort ! mais ses vers que l’âge futur guette, Feront vivre, en dépit des rois qui passeront, L’illustre nom du bon seigneur de la Braguette. ”
Albert Glatigny,
Joyeusetés galantes et autres
(1866)
“ Jaillir sans fin de nos lèvres brûlées Par les baisers de ces démons d’amour, Qu’on appelait, en ces temps, des grisettes ; Viens ! nous ferons au passé des risettes ; Soyons garçons et libres pour un jour ! ”
Albert Glatigny,
Vers les saules
“ Henriette. Que me dis-tu ! Henri, c’est l’époque des roses : Les roses auraient peur devant nos fronts moroses, Aimons-nous et rions ! Écoute dans mon sein Mon cœur se ranimer et battre le tocsin. ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Pour l’avoir rencontrée un matin, je l’aimai, Au temps où tout nous dit les gaîtés naturelles, Quand les arbres sont verts, lorsque les tourterelles Gémissent de tendresse au clair soleil de mai. ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Vous précédez ses pas, frissons de mousseline ! Dans sa robe de gaze, on dirait la Péri Que porte, en se jouant, le souffle de la brise ; Pour elle les oiseaux ont un chant favori ; Elle courbe les fleurs moins qu’elle ne les frise ! ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Sa mère en est fière et se voit revivre Dans ce mannequin rebutant et sec, Dans ce long profil aux reflets de cuivre Fait pour maintenir l’Amour en échec. Et ça doit pourtant se changer en femme ! ”
Albert Glatigny,
Vers les saules
“ Et nous noierons l’amour dans un amour nouveau ! Oui, le soleil de juin frappe sur mon cerveau ! Je veux aimer encore, aimer sous les ramures, Aimer comme l’on aime au temps des moissons mûres, Au milieu des bluets et des coquelicots, Au milieu des baisers dont sont pleins les échos ! ”
Albert Glatigny,
Théâtre de Lunéville
“ Et les Amours joyeux, en route par les airs, Secouant au hasard leur torche ardente et folle, Unissent, en jouant, dans l’éther éclairci, La cour de Lunéville à la cour de Nancy ! Hélas ! où m’emporte le rêve ! ”
Albert Glatigny,
Vers les saules
“ Et, si nous cherchions bien, dans les prochains buissons Les rubans du bonnet se trouveraient encore. Abeille, vous savez où le miel se picore : Ce corsage, ces yeux vifs, témoins éclatants, Vont proclamer partout vos jeunes dix-huit ans. Mais moi ! comme un vieillard dont la nuque grisonne, En matière d’amour, hélas ! ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ À la coquetterie exquise de la Rose ! Mariez vos parfums, mariez vos couleurs, Rose et Vin qui domptez les cruelles douleurs ; Unissez-vous toujours, chantez l’épithalame, Ô feuilles ! flots pourprés ! de la forme et de l’âme ! ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Où tu viens, ombre triste, agiter tes longs voiles, Ton doux nom, dit si bas que nul ne l’entendra, Ô trépassée auguste et chère ! te dira Qu’on ment, et que toujours dans les choses banales J’ai gardé la pudeur des amours virginales ! ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Vers le bonheur, nous retombons Brisés sur cette route ardue, Vouée au pas des vagabonds ! Il faut marcher, souffrir sans trêve, Épuiser l’amère liqueur ; L’amour même nous est un glaive Qui se rompra dans notre cœur ”
Albert Glatigny,
Vers les saules
“ Pour l’amour de Léon, pour l’amour de la belle ! Mais les pleurs sont fatals aux yeux. Je me rebelle Contre le spleen morose et les pleurs ennuyeux ! Ma bouche veut s’ouvrir pour les éclats joyeux. Or j’ai quitté Paris et j’ai pris les gondoles Pour les champs embaumés où, sous les girandoles, Étoiles que l’on met aux feuillages touffus, Les sons du violon, mêlés aux bruits confus, Semblent prendre nos pieds et leur coudre des ailes ! ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Nous nous éveillerons, primevères tardives, Ô fleurs encore à naître, ô plantes maladives Dont le cruel hiver empêchait le retour, Mais qu’Avril nous rendra, puisqu’il nous rend l’amour. Viens, donnons le signal aux merles, aux linottes ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Dormir au bord de la mer, sur la dune. Un chant s’élève entendu par mon cœur, Un chant d’amour exhalé par ton âme, Triste et bien doux, vers le ciel tout en flamme Qui semble prêt à mourir de langueur. ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Et les emplit de si charmants délires ? L’air, en baisant votre corps velouté, Avec les fleurs, rêve de volupté ! J’ai de l’amour, de l’amour plein mon âme, Moissonnez-en le meilleur, jeune femme ! ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Donc aimons-nous bien à l’heure où l’on aime Celle que l’on presse entre ses deux bras ; Fuyons l’avenir qui s’avance, et même Dis-moi que toujours tu m’adoreras, Peut-être, qui sait ? — la vie est si drôle ! ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Chevelures en flamme, ô cols souples et lisses, Lèvres, adorables calices, Je souffre avec bonheur, je meurs avec délices ! Que l’Amour me soit inclément, Qu’il fasse de ma vie un éternel tourment, Je veux aimer obstinément ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Ont un charme que rien n’explique, Toujours, toujours vous m’entraînez Vers les rives de fleurs où celles Qui portent les beaux lis aux mains, Avec leurs yeux pleins d’étincelles, Cherchent le calme des chemins. ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Épanouie au firmament. Vois : à travers les découpures Des branches qui s’aiment, le ciel Laisse entrevoir des couleurs pures Comme ton œil tendre et cruel. Viens, enfant, que l’amour nous mène ! ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Le dieu fort, le dieu jeune, à qui le cep est cher, Le noble Lyœus, que la femme jalouse ! La pâquerette était morte dans la pelouse, Elle attendait en vain la fraîcheur de la nuit. Le temps est lourd et chaud, et la fraîcheur s’enfuit ! ”
Albert Glatigny,
Vers les saules
“ Que faire un jour de juin, lorsqu’on est dans les champs, Qu’autour de vous, partout, sur les coteaux penchants, Sur la route, on entend jaser sous les ombrelles Des couples de ramiers avec leurs tourterelles ? On boit l’amour dans l’air. ”
Albert Glatigny,
Joyeusetés galantes et autres
(1866)
“ Aux pieds du sourcilleux Caucase, J’ai vu le jour ; Chaude fille de Géorgie, Je n’ai de goût que pour l’orgie, Et pour l’amour ! À peine ma toison se frise, Je tache à peine ma chemise, Car j’ai quinze ans. ”
Albert Glatigny,
Joyeusetés galantes et autres
(1866)
“ Au corps superbe et triomphant, Courbe devant moi ton échine, De même qu’un jeune éléphant. La haine dans mon cœur s’amasse, Unie à l’amour, quand je vois Dandiner au soleil ta masse Sans éclair, sans rayon, sans voix. ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Où donc est ta force, dis ? Laisse donc, misérable ! Jaillir tes sanglots maudits ! Cette vipère assassine, Qui jusqu’à toi s’est fait jour, Et dont l’œil froid te fascine, Imbécile ! c’est l’Amour ! ”
Albert Glatigny,
Les Folies-Marigny, Prologue
“ GUIGNOL. Bien dit, ô cher lutin, car la séve écumante Bout dans cette cité formidable et charmante, Et comme la forêt, Paris a son réveil Lentement préparé par cinq mois de sommeil. Un nid, c'est bien : pourtant j'aime aussi la fenêtre Aspirant les rayons qui viennent de renaître, Et regardant au loin dans le vague horizon ! Car c'est un nid humain que le premier frisson Du printemps vient de rendre à la vie, et de blondes Têtes d'enfants rosés, franches et toutes rondes, En sortent, qui me font oublier les oiseaux. ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Je ne pouvais pas croire qu’elle pût m’aimer autrement que comme un bon garçon qu’on voit tous les jours. Jamais, sans la frayeur où je l’ai vue le jour où nous vous croyions à Pont-Audemer quand les Prussiens y sont venus, je n’aurais osé lui dire que je l’aimais. Avec quelle épouvante j’ai attendu sa réponse. Jamais, même dans mes rêves, je ne l’ai vue autrement que ma femme. Aujourd’hui encore, après qu’elle m’a dit : oui, je doute, je m’arrête ; j’en pleure de joie. Comme je veillerai avec amour sur ce bon petit être ! ”
Albert Glatigny,
Œuvres de Albert Glatigny
“ Aux parfums énervants sur ma riche encolure ; Je ne daigne rien voir avec mes yeux divins, Qui, sous mes noirs sourcils, ont un éclat farouche, Et même les baisers ne froissent pas ma bouche, Qu’arrose la rougeur des vins. ”
