Résumé

Histoire de Pascal Paoli, ou La dernière guerre de l'indépendance… (1843)

Quand la malveillance, qui ne respecte rien, essaya de jeter quelque doute sur l'intégrité de son administration, la Corse, d'une voix unanime, confondit la calomnie. « Supposez le désintéressement, dirons-nous avec Paoli, et toutes les vertus sont possibles ; retranchez-le des vertus de l'homme public, et la base des sentiments élevés s'écroule à l'instant. Il peut se faire qu'il demeure honnête et pur. Quant à moi je n'y croirai point, car je sais, par l'expérience de ma vie, que ce qu'il y a de plus faible , de plus douteux au monde, c'est l'honneur aux prises avec l'intérêt (1) . »
Source : Gallica

Histoire de Pascal Paoli, ou La dernière guerre de l'indépendance… (1843)

Les lettres et les entretiens du général Paoli révélaient les plus vifs chagrins. Naturellement réservé, il éprouvait néanmoins avec ses intimes le besoin de soulager son âme oppressée, par la liberté de ses épanchements. « Que ne suis-je mort le jour où les Français ont accordé la liberté à notre patrie, s'écriait-il tristement dès le 8 janvier 1792 ! Peu d'hommes eussent fermé les yeux à la lumière plus heureusement que moi ! Maintenant l'avenir ne s'offre plus à ma pensée que sous un aspect triste et sombre! (1) »—Jamais, à coup sûr, la position de Paoli n'avait été plus malheureuse.
Source : Gallica

Histoire de Pascal Paoli, ou La dernière guerre de l'indépendance… (1843)

Il est un bien plus précieux encore que l'argent, c'est la vie des citoyens. Et pourtant qui est-ce qui voudra contester à la patrie en danger, le droit d'en disposer? La marchander, serait d'un lâche; songer à sa sûreté personnelle en face d'un péril commun, serait d'un vil égoïste; ne pas se dévouer jusqu'au bout ou supputer ce que l'on perd quand on doit combattre, serait d'un traître. Ne dirait-on pas que le sang est moins cher, moins précieux que la bourse? — La ville de Bastia s'en plaignit pourtant avec amertume.
Source : Gallica

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