Pierre Bernard, Physiologie du député [première partie… (1841)
“ Il demande un ami, comme le baigneur qui se noie, crie la perche ; enfin, s'il vient à rencontrer le regard égaré de quelque collègue, il ne quitte plus ce libérateur, il s'y accroche ; — il le couve des yeux, il le fascine; il lui décharge à bout portant ses arguments les plus terribles. — Le pauvre collègue n'ose plus ni bouger ni éternuer, — il se laisse inonder d'éloquence, c'est à peine s'il se permet de remuer la tête en signe d'assentiment. — Grâce à Dieu, l'orateur touche à sa péroraison ; mais la tâche du collègue ne finira pas avec le dernier mot du discours. ”
