Résumé

Pierre Bernard Physiologie du député [première partie… (1841)

Il demande un ami, comme le baigneur qui se noie, crie la perche ; enfin, s'il vient à rencontrer le regard égaré de quelque collègue, il ne quitte plus ce libérateur, il s'y accroche ; — il le couve des yeux, il le fascine; il lui décharge à bout portant ses arguments les plus terribles. — Le pauvre collègue n'ose plus ni bouger ni éternuer, — il se laisse inonder d'éloquence, c'est à peine s'il se permet de
remuer la tête en signe d'assentiment. — Grâce à Dieu, l'orateur touche à sa péroraison ; mais la tâche du collègue ne finira pas avec le dernier mot du discours.
Source : Gallica

Pierre Bernard Physiologie du député [première partie… (1841)

Il faut y être condamne pour aborder le Moniteur. La science de jeter du blanc dans un compte rendu est toute la science de le faire lire. Or, rien ne produit un meilleur effet, en ce genre, que les interruptions. Ajoutons ceci : le compte rendu nétant ni illustré ni noté, le lecteur perdrait souvent le sens réel, intime, la portée, enfin, d'une tirade, d'une allusion, d'un discours, si le journaliste n'avait pas l'intelligence ou l'attention de suppléer à un geste, à une intonation de l'orateur, par une exclamation, par un mot prêté à quelque membre de la galerie.
Source : Gallica

Pierre Bernard Physiologie du député [première partie… (1841)

« Chacun chez soi, chacun son droit. » Les ministres, parmi lesquels il doit toujours se trouver au moins deux orateurs, envoient donc le roi dire à la Chambre ce qu'ils pensent eux-mêmes et ce qu'ils comptent faire, Dieu et la majorité aidant. La Chambre se fâcherait si le discours de la couronne contenait l'expression d'une volonté étrangère au vouloir ministériel ; — elle fait des efforts généreux pour croire qu'en écoutant Sa Majesté elle n'entend que Leurs Excellences. — Et puis, c'est à Sa Majesté elle-même que la Chambre s'occupe immédiatement de répondre.
Source : Gallica

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