Résumé

Lettre d'un ancien sénateur à Timon… (1838)

Pourquoi l'homme de la représentation nationale veut-il à toute force devenir l'homme de la représentation légale ? Hélas ! Timon, c'est ici que se trahit la faiblesse humaine, Celui qui a usé sa vie à combattre pour le peuple, se laisse aller à la dangereuse pensée de combattre enfin pour lui-même ; après les luttes orageuses de la polémique quotidienne, il cherche les luttes plus calmes et surtout plus profitables de la discussion parlementaire. Il fut un des premiers dans la presse, et il se dit : « Pourquoi ne serais-je pas un des premiers dans le parlement. »
Source : Gallica

Lettre d'un ancien sénateur à Timon… (1838)

La presse se serait perdue en délai, à
moins que des hommes supérieurs, et ils sont rares, n'eussent appelé à eux par l'attraction du talent toutes les forces éparses. Aujourd'hui le monopole a tellement raffermi la presse, que sans pouvoir présenter à ses amis ou à ses ennemis un seul homme supérieur, elle domine les chambres, le gouvernement et le trône.
Et ne croyez pas que je me laisse aller à des illusions. Je suis vieux, Timon; beaucoup plus vieux que vous, et j'ai, par mon âge, acquis le droit d'être indifférent en politique.
Source : Gallica

Lettre d'un ancien sénateur à Timon… (1838)

Ah! que vous avez bien compris votre siècle, ingénieux Timon, lorsque, vous retranchant dans votre habile silence, vous n'avez vu dans ces joutes où chacun pose avec plus ou moins de manière et d'artifice, qu'une occasion heureuse pour faire des portraits ! Vous pouviez, sans contredit, aussi bien qu'un autre, déployer à la tribune votre appareil oratoire, et demander à la presse complaisante un article laudatif ; mais vous avez mieux aimé donner à la presse un puissant exemple, en négligeant votre représentation légale, pour venir prendre rang dans la représentation populaire.
Source : Gallica

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