“ GEORGES. — Je crois n’avoir jamais dit volonté du peuple, mais volonté des hommes ou si je l’ai dit ce fut une manière de parler, une inexactitude de langage que, du reste, toutes mes paroles ont corrigée.VINCENT. — Mais, que signifient ces questions de mots ; le peuple n’est-il pas composé d’hommes ?GEORGES. — Ce n’est pas une question de mots, c’est une question de fond. C’est toute la différence entre démocratie qui signifie gouvernement du peuple et anarchie qui signifie absence de gouvernement, liberté de tous et de chacun. ”
Errico Malatesta
Élements biographiques
Errico Malatesta (1853-1932), anarchiste italien et théoricien du communisme libertaire, incarne l’antinomie entre révolution sociale et action pratique. Adhérant à l’anarchisme après la Commune de Paris, il prôna la « propagande par le fait » tout en développant un « gradualisme révolutionnaire », selon lequel l’anarchie s’édifie par des étapes cumulatives.
Auteur de L’anarchie et Au café, ses textes dénoncent l’absurdité des gouvernements et défendent la liberté individuelle comme issue des interactions sociales. Son œuvre, marquée par une critique implacable des autorités, reste un pilier du mouvement libertaire international.
Citations de Errico Malatesta
“ Est-ce que sera, au contraire, un gouvernement élu au suffrage universel et qui émanerait donc, de façon plus ou moins exacte, des volontés de la majorité ? Mais si vous estimez ces braves électeurs incapables de s’occuper eux-mêmes de leurs propres intérêts, comment sauront-ils donc choisir les bergers qui doivent les guider ? Et comment pourront-ils donc résoudre ce problème d’alchimie sociale : faire jaillir l’élection d’un génie du vote d’une masse d’imbéciles ? Et que deviendront les minorités qui sont la partie la plus intelligente, la plus active, la plus avancée d’une société ? ”
Errico Malatesta,
Le Réveil anarchiste
“ Tout ce qui fut, qui est et qui sera, depuis le cours des astres à la naissance et décadence d’une civilisation, depuis un tremblement de terre à la pensée d’un Newton, depuis le parfum d’une rose au sourire d’une mère, depuis la cruauté d’un tyran à la bonté d’un saint, tout devait, doit et devra arriver avec une suite fatale de causes et effets de nature mécanique, qui ne laisse lieu à aucune possibilité de variation. L’illusion de la volonté ne serait elle-même qu’un fait mécanique. ”
