“ GEORGES. — Je crois n’avoir jamais dit volonté du peuple, mais volonté des hommes ou si je l’ai dit ce fut une manière de parler, une inexactitude de langage que, du reste, toutes mes paroles ont corrigée.VINCENT. — Mais, que signifient ces questions de mots ; le peuple n’est-il pas composé d’hommes ?GEORGES. — Ce n’est pas une question de mots, c’est une question de fond. C’est toute la différence entre démocratie qui signifie gouvernement du peuple et anarchie qui signifie absence de gouvernement, liberté de tous et de chacun. ”
Errico Malatesta
Résumé
« Au café » d'Errico Malatesta, texte polémique et philosophique, explore les tensions entre anarchie et gouvernement, dénonçant le capitalisme et la propriété privée comme sources de misère et d'exploitation. À travers des dialogues acérés, l'auteur défend une révolution sociale fondée sur la solidarité et l'abolition des hiérarchies, confrontant les idéaux communistes à la critique des institutions.
Le texte, marqué par une volonté de transformer la société, insiste sur la nécessité d'une organisation collective sans autorité centrale, illustrant les contradictions entre les aspirations des travailleurs et les structures économiques dominantes.
Citations de Au café (Errico Malatesta)
“ Selon moi, la propriété individuelle est injuste et immorale parce qu’elle tire son origine ou de la force brutale, ou de la fraude, ou de l’exploitation légale du travail d’autrui, elle est nuisible parce qu’elle entrave la production, parce qu’elle empêche de recevoir de la terre et du travail, tout ce qui est nécessaire à la satisfaction des besoins de tous les hommes ; elle est encore nuisible parce qu’elle crée la misère des masses et engendre la haine, les crimes et la plupart des maux qui affligent la société moderne. ”
“ S’il y a des terres mal cultivées ou incultes, un arrêt dans les affaires, une misère générale, c’est que notre bourgeoisie n’est pas entreprenante. Les capitalistes sont peureux ou ignorants, et ne veulent ou ne savent pas développer les industries ; les propriétaires de terres ne savent pas faire autrement qu’ont fait leurs grands-pères et ne veulent pas de tracas ; les commerçants ne savent pas s’ouvrir de nouveaux débouchés, et le gouvernement, avec son système fiscal et sa stupide politique douanière, au lieu d’encourager les initiatives privées, les entrave et les étouffe au berceau. ”
