Résumé

Portrait de Charles Malato Charles Malato Philosophie de l’Anarchie

Se figure-t-on une chose aussi intangible que la pensée, aussi subtile que l’inspiration, soumise à des règles, chargée de chaînes ! Défense de voler de ses propres ailes : arrière les adjectifs vulgaires et les mots roturiers : place au style noble ! Arrière l’imagination, l’audace, le caprice : place à l’unité d’action, de temps et de lieu. Faites amende honorable, Arioste, Camoëns, Hercilla ! cache-toi, Shakespeare, qui t’imagines qu’il est permis d’avoir du génie en dépit des législateurs de l’art !
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Le droit, résultant des rapports et de la manière d’être des individus, est imprescriptible et inaliénable, il est inhérent à l’humanité : dans mille ans, comme aujourd’hui, comme jadis, tous les hommes auront le droit de vivre et d’être libres ; chez les Lapons comme chez les Français, comme chez les Chinois, chacun, en dépit des lois plus ou moins baroques, a le droit de manger, de se vêtir et de s’abriter, et, tandis que la loi défend au malheureux vagabond d’apaiser sa faim avec les fruits de la terre et de reposer sa tête même sur le sol nu, le droit lui crie : « Mange et dors ! »
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La réaction, c’est le sol refusant à l’arbre sa sève, l’écorce emprisonnant le bourgeon, l’animal subissant son sort avec résignation, l’homme cherchant des modèles dans le passé. Le progrès, c’est la vie circulant partout, se communiquant du sol à la plante, faisant jaillir des vieilles prisons rompues les germinations nouvelles, aiguillonnant la créature organisée et lui donnant de nouvelles armes pour le combat de la vie ; c’est l’homme rejetant bien loin son restant d’animalité et, sans rougir de son origine, cherchant l’idéal dans la négation du passé.
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