“ Attaquer le pouvoir central, le dépouiller de ses attributions, décentraliser, émietter le pouvoir, c’eût été abandonner au peuple ses affaires, c’eût été courir les risques d’une révolution vraiment populaire. C’est pourquoi la bourgeoisie cherche à renforcer davantage le gouvernement central, à l’investir de pouvoirs que le roi lui-même n’ose pas rêver, à concentrer tout entre ses mains, à lui soumettre tout d’un bout à l’autre de la France — et puis à s’emparer de tout par l’Assemblée Nationale. ”
Pierre Kropotkine
Résumé
Pierre Kropotkine, dans La Commune, examine la révolution sociale à la lumière de l’expérience de la Commune de Paris, dénonçant la centralisation étatique et la domination de la bourgeoisie. L’ouvrage met en évidence la lutte des ouvriers et des paysans en faveur d’une société décentralisée, basée sur l’égalité et la liberté.
Kropotkine souligne la valeur de l’initiative populaire et critique l’ordre social inégal, prônant une transformation qui éradiquerait l’exploitation économique et politique. La conclusion insiste sur l’urgence d’un changement profond, où la fin de l’État permettrait l’émergence d’une solidarité fédérée et libre.
Citations de La Commune (Pierre Kropotkine)
“ Faite par le peuple lui-même, née spontanément au sein des masses, c’est dans la grande masse populaire qu’elle a trouvé ses défenseurs, ses héros, ses martyrs — et surtout ce caractère « canaille » que la bourgeoisie ne lui pardonnera jamais. Et en même temps, l’idée mère de cette révolution, — vague, il est vrai ; inconsciente peut-être, mais néanmoins bien prononcée, perçant dans tous ses actes, — c’est l’idée de la révolution sociale, cherchant à s’établir enfin, après tant de siècles de luttes, la vraie liberté et la vraie égalité pour tous. ”
“ Pour nous, qui comprenons que le moment approche de porter à la bourgeoisie un coup mortel ; que le moment n’est pas loin où le peuple pourra mettre la main sur toute la richesse sociale et réduire la classe des exploiteurs à l’impuissance ; pour nous, dis-je, il ne peut y avoir d’hésitation. Nous nous lancerons corps et âme dans la Révolution sociale et, comme dans cette voie un gouvernement, quel que soit le bonnet dont il se coiffe, est un obstacle, nous réduirons à l’impuissance et balayerons les ambitieux à mesure qu’ils viendront s’imposer pour gouverner nos destinées. ”
