“ L’artiste ne doit pas avoir d’autre conviction que « l’art ». La ligne, la couleur, l’arrangement des phrases, le frisson des mots suffisent à rendre une œuvre parfaite, à plonger l’artiste dans une béatitude complète. Qu’il se garde, surtout, d’essayer d’y introduire ses pensées, s’il en a, sur notre monde, sur l’avenir de nos sociétés. Le véritable artiste se suffit à lui-même. Oser concevoir qu’en dehors de la jouissance des yeux et des oreilles, l’œuvre puisse éveiller le raisonnement de celui qui lit, voit ou entend, est un blasphème épouvantable, un crime de lèse-art. ”
Résumé
"La Société future", écrit par Jean Grave, est un essai anarchiste publié à la fin du XIXe siècle, qui examine la transformation nécessaire de la société par la lutte contre les structures autoritaires et les inégalités. Grave dénonce l’exploitation des travailleurs par la bourgeoisie et prône une révolution sociale basée sur la solidarité, l’égalité et l’autonomie individuelle.
Il critique à la fois l’idéal altruiste et égoïste, affirmant que chaque individu doit s’émanciper des contraintes imposées par les institutions. L’œuvre souligne l’importance de la libre association et de la production collective, tout en mettant en garde contre la puissance d’un État centralisé. Selon Grave, la révolution est inévitable et doit renverser les lois qui entravent l’évolution humaine.
Citations de La Société future (Jean Grave)
“ Quand nous parlons de révolution, nous n’entendons pas seulement la lutte armée. Toute lutte contre l’autorité existante, contre l’organisation sociale actuelle, que cette lutte soit agressive ou passive ; qu’elle soit le fait de la force ou de l’idée, que le but s’atteigne en dépit des lois existantes, sans pour cela tomber sous leur coercition, ou bien en les violant ouvertement, quelles qu’elles soient ; du moment qu’elle tend à la disparition d’une iniquité, à la disparition d’un préjugé, toute lutte aide à la Révolution sociale, tout pas en avant est un coup d’épaule donné à sa marche. ”
“ L’homme n’est pas la brute décrite par les théoriciens de l’égoïsme, il n’est pas non plus l’ange prêché par l’altruisme, qualité, du reste, qui ne pourrait lui être que funeste, car ce serait le sacrifice des meilleurs au profit des plus mauvais. Si les individus devaient se sacrifier les uns pour les autres, en fin de compte ce seraient ceux qui ne penseraient qu’à leur propre individualité qui bénéficieraient de cet état de choses et survivraient seuls. L’individu ne doit pas plus se sacrifier à qui que ce soit, qu’il n’a le droit d’exiger le sacrifice d’un autre. ”
“ La révolution sera inévitable, car les privilégiés n’abdiquent jamais de bonne volonté ; ayant le pouvoir en mains, ils s’en servent pour prolonger leur domination, l’esprit nouveau s’est développé, mais l’ancien ordre de choses existe toujours et a la force sociale en main pour éliminer son ennemi, la lutte est inévitable. L’évolution s’est faite, mais enveloppée d’un réseau de lois et de restrictions qui tendent à l’étouffer et qu’elle doit briser à tout prix, si elle ne veut pas périr : c’est ici que l’Évolution se transforme en Révolution. ”
“ S’il veut périr, il est libre ; mais s’il veut vivre, il ne peut le faire qu’en trouvant des compagnons. La solidarité est une des conditions naturelles de l’existence, et nous nous en tenons aux indications de la nature. Or, ce que nous venons de dire pour la construction d’un bâtiment peut s’appliquer à toutes les branches de l’activité humaine ; depuis le travail le plus colossal, jusqu’à la plus infime des productions. La liberté la plus complète, voilà le seul moteur de l’activité humaine, avec ses deux corollaires bien entendu : égalité et solidarité. ”
“ Tant que l’on n’aura pas fait table rase des institutions qui entravent le libre développement humain, les réformes ne seront qu’un appât grossier pour égarer les travailleurs, ou un perfectionnement en faveur du Capital pour continuer son exploitation. L’abolition de l’autorité, la transformation de la propriété, l’abolition de la monnaie, peuvent seules assurer l’affranchissement des travailleurs. Il serait absurde de compter l’obtenir, non seulement tant que la bourgeoisie sera au pouvoir, mais même d’un pouvoir ouvrier. ”
“ Les progrès lentement accomplis par l’humanité ne sont-ils pas dus, justement, à cet esprit d’insubordination et d’indiscipline qui a poussé l’homme à s’affranchir des obstacles qui nuisaient à son développement, à cet esprit sublime de révolte qui l’entraînait à lutter contre la tradition et le quiétisme, à fouiller dans les recoins les plus obscurs de la science pour arracher ses secrets à la nature et apprendre à triompher d’elle ? ”
“ « Certes, il est regrettable » — c’est étonnant ce que ces gens-là regrettent de choses, tout en s’employant de leur mieux à les justifier et à les éterniser — « il est regrettable que tant de victimes disparaissent dans la lutte : sans doute, la société aurait besoin de réformes, mais cela ne peut être, que le produit du temps, le résultat de l’évolution humaine. À ceux qui se sentent assez forts ou assez intelligents, de faire leur trou dans la mêlée et à s’imposer à la société ! Cet antagonisme fut toujours et continue d’être une des causes des progrès humains ! » ”
“ D’un État omnipotent, disposant, à son gré, de toute la fortune sociale et la répartissant au mieux de ses intérêts. Un État, enfin, qui serait maître, non seulement de la génération présente, mais aussi des générations futures, en prenant à sa charge l’éducation de l’enfance, et pouvant ainsi, à volonté, lancer l’humanité dans la voie du progrès par une éducation large et sans bornes, ou bien en arrêter le développement par une éducation étroite et rétrograde. On recule effrayé devant une telle autorité, disposant de si puissants moyens d’action. ”
“ Mais si nous voulons déposséder la bourgeoisie de cette propriété qu’elle détient, si nous voulons la déloger de ce pouvoir où elle s’est réfugiée comme dans une citadelle, ce n’est pas pour exercer l’autorité à notre tour, ce n’est pas pour permettre à une classe et à des individus de se substituer à elle dans l’exploitation de l’activité humaine. La bourgeoisie, en 89, en s’emparant des biens de la noblesse et du clergé, s’est arrangée à en faire bénéficier quelques-uns des siens, au détriment de ceux qui y avaient droit, avant eux, puisqu’ils les cultivaient eux-mêmes. ”
“ Les partisans de la liberté ne réclament pas tant de la force. Qu’elle balaie le capital, l’autorité et leurs institutions, qu’elle fasse place nette de toutes les entraves, c’est tout ce que nous attendons d’elle. Et c’est pour cela que nous ne voulons plus de centralisation, plus de délégation de pouvoir, ni de mandat à des individualités pour agir ou délibérer en notre lieu et place. Qu’à toute tentative de courber toutes les individualités sous le même niveau réponde l’insurrection du « moi, » se dresse l’initiative individuelle qui n’accepte pas d’entrave. ”
“ Si vous aviez appris la science, comme nous, vous sauriez que les savants — comme nous, — sont faits pour gouverner les imbéciles — comme vous. — Ne nous voyez-vous pas être forcés de faire notre lit nous-mêmes, ou décrotter nos souliers ! Voilà de bien nobles occupations pour ceux qui contemplent les astres, ou cherchent le secret de la vie dans l’étude du corps humain ! Nous ne pouvons faire de la science qu’à la condition d’avoir des esclaves qui produisent pour nous, sachez-le, une bonne fois pour toutes, et ne venez pas nous rompre la tête avec vos billevesées d’égalité ! ”
“ L’art libre, tel que nous l’entendons, rendra l’artiste son propre et seul maître. Il pourra donner cours à toute son imagination, aux caprices de sa fantaisie, exécuter l’œuvre telle qu’il l’aura conçue, l’animer de son souffle, la faire vivre de son enthousiasme. Alors là, nous aurons la pensée réelle de l’artiste et non celle qui lui aura été imposée par des circonstances où l’art n’avait rien à voir. ”
“ Causes et effets, chacune à leur tour, elles ne peuvent être comprises qu’à condition de les grouper et de ne pas les considérer isolément. L’œuvre d’art n’approche de la perfection que lorsqu’elle laisse le moins de prise possible à la critique. Elle ne devient chef-d’œuvre que lorsqu’elle est impeccable. Et comme toute œuvre de valeur est forcée d’embrasser un champ plus ou moins vaste de conceptions, elle force l’artiste s’il veut être sincère à étudier tout cet ensemble de choses d’une façon consciencieuse, s’il ne veut pas laisser glisser dans son œuvre une anomalie qui la déparerait. ”
“ Chez certains savants, le développement intellectuel a éteint toute vie affective. Pour eux, il n’y a plus ni ami, ni famille, ni patrie, ni humanité, ni dignité morale, ni sentiment du juste. Indifférents à tout ce qui se passe en dehors du domaine intellectuel où ils se débattent, où ils jouissent, les plus grandes iniquités sociales ne troublent pas leur quiétude. Que leur importe la tyrannie, pourvu qu’elle respecte les bocaux, les cornues de leur laboratoire ! ”
“ Ceux qui, ayant toujours été bridés, ne peuvent s’abstraire des conditions actuelles, et s’imaginent que l’humanité ne pourrait vivre sans lisières, s’écrieront, certainement : « Plus de lois ! qu’allons-nous devenir ? la société est perdue ! » Comme si la loi était indispensable à la vie des sociétés, comme si des agglomérations humaines n’existaient pas encore sans loi, aussi bien que le comporte leur degré de développement. ”
“ La femme-prolétaire ne peut, comme le travailleur, s’affranchir que par la révolution sociale. Ceux qui lui font espérer son émancipation dans la société actuelle, la trompent effrontément. Considérée comme une ilote par l’homme et par la loi, il faut qu’elle aussi, conquière sa place au soleil par sa volonté, mais elle n’y arrivera qu’en s’associant et faisant cause commune avec ceux qui poursuivent l’émancipation de tous les êtres humains sans distinction de sexe ni de race. ”
“ Convaincus que les hommes ne peuvent être heureux qu’en vivant fraternellement ensemble, le mot communisme s’adapte à la chose, nous nous en servons. Adversaires de l’autorité, pénétrés de cette vérité que l’homme peut et doit vivre sans maîtres, que l’anarchie a cette signification et doit conduire l’humanité à un état harmonique, où les individus vivront sans querelle, sans lutte, dans la plus parfaite intelligence, nous inscrivons ce mot à côté de l’autre pour bien caractériser nos conceptions économique et politique de notre idéal social, et nous ne pourrions en trouver de meilleurs. ”
“ L’état de lutte s’est maintenu dans les sociétés qui étaient un commencement de pratique solidariste. Et voilà des centaines de siècles — pour ne parler que de la période historique — que dure cet état mixte de lutte et de solidarité, voilà des milliers d’années que, par la volonté d’une minorité qui est seule à profiter de cet état de choses, et voudrait le perpétuer, que nous luttons les uns contre les autres en faisant les plus beaux rêves de fraternité ; que les classes possédantes exploitent les dépossédés en prêchant la solidarité, le dévouement et la charité. ”
“ Mais, en dehors des conditions économiques qui forcent l’individu à vivre en société, il y a des considérations d’ordre purement cérébral. En dehors de l’attraction sexuelle, chacun se sent attiré par tel ou tel caractère ; on éprouve le besoin d’échanger ses idées, on a besoin de l’estime et de l’approbation des autres. L’isolement est la plus grande torture dont les philanthropes modernes aient doté l’humanité ; la sociabilité est le vrai caractère de l’homme ; les misanthropes et les solitaires ne sont que des cerveaux détraqués ou des hallucinés. ”
“ Ce sont ceux-là qui savent comprendre l’enfant, et s’en faire écouter ; leur amour de l’enfant les fait les véritables instituteurs, tandis que ceux qui n’y ont vu qu’un métier, un moyen de s’élever, ce sont ceux-ci qui fournissent les gardes-chiourmes et tortionnaires qui mènent leur classe disciplinairement, font entrer, à coups de férule et de pensums, les rudiments de leur enseignement dans la tête des élèves, en même temps que la haine de l’étude. Il n’y a que ceux qui aiment l’enfant qui sachent l’instruire en l’amusant, et puissent l’amener à aimer l’étude. ”
“ Plus la science se développe, plus elle ajoute à l’autonomie de l’individu. Si, dans la société actuelle, chaque découverte scientifique jette, en effet, les travailleurs sous la dépendance du capitaliste, c’est que les institutions actuelles font tourner les efforts de tous au profit de quelques-uns seulement. Mais, dans une société basée sur la justice et l’égalité, les découvertes nouvelles ne pourront qu’ajouter à l’autonomie de l’individu. ”
“ S’ils n’avaient pas le respect des choses professées par de plus savants qu’eux, il y a fort longtemps qu’ils ne vous fourniraient plus la force matérielle qui les maintient dans l’esclavage. Le respect du travailleur pour les choses qu’il ne comprend pas, l’acceptation crédule des explications que lui donnent ceux qu’il croit plus instruits que lui, ont fait plus, pour le maintien de votre société, que toute votre force armée et votre police. Il n’y a que les médiocrités envieuses pour affirmer que le travailleur a la haine de l’intelligence. ”
“ Certains prétendent qu’il faut renforcer la sévérité des lois. Nous venons de voir, qu’au moyen âge, elles étaient des plus féroces et sans effet. Il arrive un moment du reste où la pénalité est hors de proportion avec le délit, et où les plus féroces « punisseurs » sont forcés de consentir à des adoucissements. Tout cela prouve donc que la répression n’est pas le remède. D’autre part, avec la loi, les individus ne se peuvent faire justice eux-mêmes, l’individu est donc à l’abri, s’il a l’intelligence de combiner son acte de façon à pouvoir l’accomplir sans témoins. ”
“ Aujourd’hui, le droit de propriété peut donner à un individu le droit d’accumuler des provisions capables de nourrir des milliers d’individus et de les faire pourrir sur place s’il lui plaît. Dans une société normalement constituée, cela serait impossible étant donné que ceux qui auraient faim, auraient droit de s’emparer de ce qui dépasse les facultés d’absorption d’un individu. Chacun pouvant s’emparer de l’outillage que, par ses seules forces ou en s’associant, il pourra mettre en œuvre ; chacun étant maître du produit de son travail, impossibilité absolue de trouver des salariés. ”
“ L’initiative individuelle, seule, peut assurer le succès de la Révolution. Toute centralisation est un frein à l’expansion des idées nouvelles ; loin de chercher à les entraver, il faut, au contraire, travailler à leur libre éclosion. Aussi, faut-il apprendre aux individus qu’ils doivent penser et agir sous leur propre responsabilité, sans attendre l’impulsion de personne. S’ils savent ne compter que sur eux seuls pour faire leurs propres affaires, s’ils savent faire respecter leur autonomie et respecter celle des autres, c’est un élément de succès pour la réalisation de leur bonheur futur. ”
“ Partout nous trouvons solidarité, obéissance peut-être, mais obéissance réfléchie, discutée parfois, tempérée toujours par la délibération de l’individu et non soumission absolue. Toutes les révoltes qui ont marqué les étapes du prolétariat, toutes les révolutions qui se sont faites contre les pouvoirs constitués, nous prouvent que si l’on a pu étouffer les tentatives d’affranchissement, on n’a jamais pu détruire ce sentiment d’indépendance qui gît au fond du cerveau de chaque individu, sentiment qui peut s’assoupir parfois mais se réveille sous les coups de fouet de la nécessité. ”
“ « Vous ne voulez pas amoindrir les patries des autres au profit de la vôtre, vous n’êtes qu’un gredin ! Vous ne voulez pas crier, avec nous, que votre patrie est la reine des nations, que les habitants des autres nations ne sont que des gueux, donc vous êtes un agent de l’étranger. » Tel est le raisonnement de ces messieurs, partant de là pour démontrer aux imbéciles que, du moment que l’on n’acceptait pas les yeux fermés, toutes les coquineries qui se commettent au nom de la Patrie, c’est que l’on en est l’ennemi. ”
“ L’homme était-il libre alors qu’il était contraint de courir à la recherche de sa nourriture et de la disputer aux grands carnassiers qui le surpassaient en force ? Quelle somme d’autonomie pouvait-il déployer, forcé qu’il était de soutenir, à tous moments, le rude combat de l’existence ? Et le spectacle des races, dites inférieures, de nos jours nous montre bien, en effet, qu’il n’y a pas d’autonomie quand l’homme est contraint de tenir constamment en éveil le peu de facultés qu’il possède afin de pouvoir satisfaire ses besoins matériels. ”
“ Allez, allez ! pauvres ignorants, allez lire les livres que nous faisons à votre usage, là, vous y apprendrez qu’il n’y a, qu’il ne peut y avoir d’égalité ! Les individus naissent avec des « qualités » différentes : les uns sont imbéciles, d’autres médiocres, d’autres intelligents, d’autres plus intelligents encore, et, rarement, de siècle en siècle, un homme de génie. Or, vous ne ferez jamais que ces individus soient égaux ! Votre système aboutit à l’oppression de l’intelligence par la médiocrité, son application serait le recul de l’humanité. ”
“ Ce que les autoritaires ont baptisé du nom d’organisation, est, tout simplement, une hiérarchie complète, légiférant, agissant au lieu et place de tous, ou faisant agir les individus au nom d’une représentation quelconque. Ce que nous entendons, nous, par organisation, c’est l’accord qui se forme, en vertu de leurs intérêts, entre les individus groupés pour une œuvre commune ; ce sont les relations mutuelles qui découlent des rapports journaliers que tous les membres d’une société sont forcés d’avoir les uns avec les autres. ”
“ L’idéal ne doit plus être le parasitisme, mais l’ambition de se créer soi-même ses jouissances. L’orgueil de l’homme ne doit plus être d’énumérer le nombre d’esclaves qu’il exploite, mais de prouver qu’il n’y a pas une jouissance qu’il ne soit capable d’acquérir par ses propres forces. De ce fait, tout le travail inutile qu’impose l’organisation sociale actuelle sera transformé en travail productif et contribuera d’autant à la production générale au lieu de vivre sur elle. ”
“ La bourgeoisie refusant de nous la laisser prendre pacifiquement, espère-t-elle sérieusement que nous allons platement nous coucher à ses pieds, attendant patiemment qu’elle nous jette un os à ronger ? Elle se sert du pouvoir dont elle s’est emparé, et de la situation économique qui nous est faite, pour nous asservir et nous exploiter, ne nous laissant d’autre alternative que de subir lâchement notre exploitation ou de lui passer sur le ventre ; qu’elle ne s’en prenne donc qu’à sa rapacité si la révolution est un des moyens qui se présentent à nous pour nous émanciper. ”
“ Nous prenons l’homme tel qu’il est, avec toutes ses imperfections, son goût faussé par l’ignorance et les préjugés. Nous attendons seulement de l’évolution pour que ses goûts deviennent plus simples, plus affinés, plus esthétiques, et perdent enfin cet amour du clinquant et des colifichets qui distingue l’homme sauvage, et se retrouvent, transformés mais non disparus chez l’homme de la civilisation inférieure d’aujourd’hui. ”
