Charles Sainte-Foi

Résumé

Charles Sainte-Foi Revue des Deux Mondes

Ce qui caractérise l’instruction en Amérique, c’est moins la profondeur que l’étendue. Le programme de toutes les choses qu’on apprend aux jeunes gens ou même aux femmes dans les écoles, est beaucoup plus étendu qu’en Europe, où cependant la prétention de répandre l’intelligence sur une grande surface semble s’accroître de jour en jour. Mais ce qui chez nous est inutile ou dangereux, est nécessaire aux États-Unis, où le but de l’éducation doit être d’apprendre à l’homme à se passer des autres, et à s’aider soi-même dans les diverses circonstances de la vie.
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Charles Sainte-Foi Revue des Deux Mondes

Il serait donc souverainement injuste de reprocher aux Américains ce qui est une condition nécessaire de leur état actuel ; et si l’éducation avait chez eux, comme chez nous, principalement pour but de former le goût et de développer dans l’homme le sentiment du beau, elle serait à peu près inutile et le plus souvent dangereuse : car la perfection de l’éducation consiste dans son harmonie avec les besoins et l’état social d’un peuple, et si, au lieu de le pousser dans le sens de sa fin, elle l’en éloigne ou le retarde, elle devient un obstacle funeste pour lui.
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Charles Sainte-Foi Revue des Deux Mondes

Je ne conseille pas à ceux qui veulent bien connaître l’état et le degré de civilisation de l’Amérique du Nord, de s’en rapporter au jugement ou plutôt aux impressions des femmes qui l’ont visitée. Les femmes ont un tact merveilleux pour saisir toutes les nuances qui brillent à la surface des choses, elles jugent parfaitement les manières, le ton et les habitudes extérieures d’un peuple ; mais dès qu’elles veulent aller plus loin, et en sonder les institutions ou même les mœurs, elles sont sujettes à d’étranges erreurs.
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