Résumé

M. Berthelot Revue des Deux Mondes

La chimie, en effet, a possédé de tout temps une aptitude singulière à créer une sorte de métaphysique matérialiste, où les noms d’êtres, de principes premiers sont employés avec une signification restreinte et en quelque sorte tangible. Les chimistes grecs disaient que les métaux étaient comme l’homme ; ils avaient un corps et une âme. L’âme, d’ailleurs, pour la plupart des philosophes anciens, n’était autre chose qu’une matière plus subtile. C’est ainsi que les alchimistes furent conduits à imaginer une matière première, propre aux métaux seuls, et qui en constituait l’essence commune.
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M. Berthelot Revue des Deux Mondes

On voit que les alchimistes, au début du xiv° siècle, furent saisis d’une telle admiration par la découverte de l’alcool, qu’ils l’assimilèrent à l’élixir de longue vie et au mercure des philosophes. C’est l’écho de ces souvenirs que Renan reproduit dans son drame philosophique de l’Eau de Jouvence.
Mais il faudrait se garder de prendre tout texte où il est question du mercure des philosophes, ou de l’élixir de longue vie, comme applicable à l’alcool.
L’élixir de longue vie est une imagination de l’ancienne Égypte. Diodore de Sicile le désigne sous le nom de « remède d’immortalité. »
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M. Berthelot Revue des Deux Mondes

Lavoisier ne tarda pas à pousser plus loin ses déductions, en comparant la chaleur animale à la chaleur des combustions vives : l’une et l’autre sont dues en effet à la fixation de l’oxygène, ou plus exactement de la matière du feu combinée dans l’oxygène. Pour Lavoisier, l’air fournit l’oxygène et la chaleur ; tandis que le sang fournit le combustible, que les alimens restituent incessamment, en même temps que, de son côté, l’air se renouvelle sans cesse. Par suite, la chaleur est entretenue dans le corps humain, suivant le même procédé que dans nos foyers.
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