Résumé

J. Bourdeau Revue des Deux Mondes

« La démocratie socialiste n’est pas le produit de la misère et du désespoir. Elle est le résultat de la conscience que possède de sa force une classe qui s’élève, et de là vient sa puissance. Les révolutions tentées par des classes en décadence ne peuvent aboutir. » Le socialisme, en effet, est la manifestation éclatante de l’amélioration du sort des classes ouvrières : le désir de bien-être, de culture croît à mesure qu’il reçoit satisfaction. Le capital, ce « vampire qui suce le sang des ouvriers », leur infuse, en réalité, un sang nouveau, une vie nouvelle.
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J. Bourdeau Revue des Deux Mondes

Nous rendrons le travail court, varié, attrayant, productif. Le travail matériel ne nuira pas à l’œuvre intellectuelle : tel philosophe de l’antiquité n’a-t-il pas été portefaix, Spinoza, ouvrier opticien ? Nous ferons disparaître toute distinction entre l’oisif et le laborieux, le frugal, le dissipateur et l’économe. Nous établirons si bien l’égalité, que l’industrieux recevra pour le même temps de travail autant que l’incapable : le talent cessera d’être un capital, car il est un don inné, celui qui le possède n’y a aucun mérite, il n’en est pas responsable...
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J. Bourdeau Revue des Deux Mondes

La grande industrie fait de la production en masse, et le capital est obligé de reconnaître ainsi, en partie, son caractère social, collectif, mais le bénéfice n’est que pour quelques-uns : « L’œuvre laborieuse du grand nombre est distribuée comme si elle était le produit du petit nombre qui ne travaille pas. La production est un travail collectif, la répartition un profit individuel, le monopole des moyens de travail est le monopole de la spoliation. C’est l’exploitation de chaque jour et de chaque heure, du travail par le capital, qui agit comme un vampire. »
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